
La FJKM relance le débat et presse le FFKM de sortir du silence. À l’issue d’une réunion d’une semaine, les dirigeants de l’église FJKM remettent le sujet de la concertation nationale sur la table.
Le ton est monté. L’église réformée FJKM relance publiquement le dossier de la concertation nationale et interpelle directement le FFKM, resté silencieux depuis plusieurs mois. Réunis en session ordinaire du 15 au 22 avril 2026 à Ampandrana, les responsables centraux de la FJKM ont appelé les chefs d’église à assumer pleinement leur mission. « Nous exhortons les chefs d’église du FFKM à prendre leurs responsabilités telles qu’on vous les a confiées depuis le début pour diriger la concertation nationale », a martelé Zaka Hary Masy Andriamampianina, président de la FJKM. Une déclaration lourde de sens venant d’un des quatre dirigeants du conseil œcuménique, aux côtés de Samoela Jaona Ranarivelo de l’église anglicane, Denis Rakotozafy de l’église luthérienne et Jean De Dieu Raoelison de l’église catholique romaine.
Depuis le début de l’année 2026, le FFKM s’est muré dans un silence qui intrigue autant qu’il inquiète. Pourtant, en novembre 2025, le président de la refondation de la République, Michaël Randrianirina, avait officiellement confié à cette plateforme religieuse la conduite de la concertation nationale. Un mandat clair, daté du 19 novembre, qui consacrait le FFKM, selon Michaël Randrianirina, comme l’acteur jugé le plus légitime pour rassembler, de manière impartiale, l’ensemble des forces vives du pays. Mais sur le terrain, rien ou presque. Pendant que l’État multiplie les initiatives à travers le ministère de la Refondation, le FFKM semble à la traîne. Une inertie qui alimente les interrogations : stratégie discrète ou incapacité à fédérer ? Certains observateurs s’interrogent désormais ouvertement sur la volonté du conseil œcuménique de piloter seul le processus.
Élections en 2027. Dans un contexte politique encore marqué par la crise déclenchée en septembre 2025, l’enjeu est pourtant important. La concertation nationale constitue l’un des piliers de la feuille de route du régime actuel pour sortir de l’impasse. « 2026 sera une année de concertation, 2027 celle des élections », a déjà annoncé la ministre en charge de la Refondation, Hanitra Razafimanantsoa. Ce calendrier, déjà soumis aux partenaires de la SADC, doit convaincre de la volonté des autorités malgaches d’avancer vers une sortie de crise durable. D’ailleurs, le gouvernement s’apprête à défendre une nouvelle fois ce programme devant les partenaires internationaux, lors d’une présentation qui aura lieu aujourd’hui au ministère des Affaires étrangères.
Rija R.




