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mercredi, août 26, 2026
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Emplois : Une nouvelle politique nationale en préparation

La Grande île veut changer de méthode pour faire face au chômage invisible, alors que la politique précédente avait déjà identifié plusieurs des maux qui frappent actuellement le marché du travail.

Le constat dressé dans les termes de référence du PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), dans le cadre du recrutement d’un cabinet chargé d’élaborer la nouvelle Politique nationale de l’emploi (PNE) et son plan de mise en œuvre 2025-2030, est sans détour. Le chômage des jeunes est proche de 30%, plus de 70% de la population active sont en situation de sous-emploi ou d’emploi précaire, tandis que le secteur formel ne représente qu’environ 10% de l’emploi total. À cela s’ajoutent les inégalités d’accès à l’emploi, l’urbanisation, les crises et, désormais, les mutations liées au numérique, à l’intelligence artificielle et à l’automatisation.

Vieux problèmes

Le paradoxe est là. La Politique nationale de l’emploi et de la formation professionnelle (PNEFP), adoptée en 2015, avait déjà pour ambition d’améliorer l’employabilité et de favoriser la création d’emplois dans le pays. Elle avait également été conçue dans une démarche de concertation avec les acteurs publics, privés et régionaux. Pourquoi faut-il donc recommencer ? La nouvelle PNE devra tirer les leçons de cette expérience et expliquer pourquoi les instruments précédents n’ont pas permis de réduire suffisamment l’informalité, le sous-emploi et les difficultés d’insertion.

Territoire

De ce que l’on peut tirer du document de cette agence des Nations unies, les parties prenantes affichent une nouvelle démarche, avec une ambition différente. En effet, le futur plan d’action doit être budgétisé et territorialement ancré, avec des consultations régionales et un renforcement des capacités au niveau local. Cette territorialisation est essentielle dans la mesure où les besoins d’Antananarivo ne sont pas ceux de Toamasina, de Toliara ou de Sambava. Services, industrie, port et logistique, pêche, tourisme, agriculture ou transformation agroalimentaire ne présentent ni les mêmes besoins en compétences ni les mêmes possibilités d’embauche. La réussite de la nouvelle politique se mesurera donc moins au nombre de formations organisées qu’au nombre d’emplois réellement créés, durables et rémunérateurs dans les territoires.

Exécution

Le véritable test sera l’exécution. Le plan d’action devrait s’étaler sur cinq ans, assorti d’un cadre de financement et de suivi-évaluation. C’est probablement là que se jouera la différence avec le passé. Madagascar n’a pas seulement besoin d’une nouvelle politique de l’emploi. Il a besoin d’un instrument capable de relier formation, investissement, entreprises, territoires et revenus. La nouvelle PNE changera réellement de méthode si elle parvient à répondre à la simple question : où seront créés les emplois de demain, par qui, pour qui et à quel revenu ?

José Belalahy

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