Le régime transitoire de la refondation poursuit les accords de financement avec les bailleurs de fonds traditionnels. Un nouvel appui financier de 68 millions de dollars vient d’être accordé par le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD).
Entre crainte d’inefficacité et signal de confiance
Intervenant dans un contexte à la fois économiquement fragile et politiquement sensible, cet accord est défini comme un appui à la gestion financière et à la résilience économique dans le cadre du programme PAGFRE II. Force est cependant de constater que ce soutien soulève autant d’espoirs que d’interrogations. Sur le papier, cette aide apparaît comme une bouffée d’oxygène pour un pays confronté à d’importants défis structurels : inflation persistante, faibles recettes publiques, vulnérabilité face aux catastrophes climatiques, difficultés énergétiques et pauvreté chronique. Mais au-delà des chiffres, une question essentielle demeure : ce financement permettra-t-il réellement de transformer la gouvernance économique du pays ou servira-t-il simplement à maintenir un équilibre précaire dans une période de transition politique ? L’histoire récente de nombreux États africains montre que les financements extérieurs, aussi importants soient-ils, ne produisent des résultats durables que lorsqu’ils s’accompagnent d’une gouvernance rigoureuse, transparente et responsable. Or, dans une phase de transition, les mécanismes de contrôle institutionnel peuvent être affaiblis, les priorités politiques mouvantes et la confiance citoyenne plus fragile. En somme, le risque est réel de voir ces ressources absorbées par les urgences budgétaires immédiates, sans impact structurel profond. La population malgache, confrontée quotidiennement à la hausse du coût de la vie, aux difficultés d’accès à l’énergie et à la faiblesse des services publics, attend des résultats tangibles et non de simples annonces financières. Ce qui n’empêche pas, pour autant, de reconnaître que ce soutien renouvelé de la BAD constitue aussi un signal de confiance envers les capacités de résilience du pays et envers la poursuite des réformes économiques engagées.
R.Edmond.



