Le député élu d’Arivonimamo a déposé une requête en vue d’engager une procédure de destitution PRRM. La HCC a déclaré la requête irrecevable. Sur le plan strictement juridique, l’affaire aurait pu s’arrêter là.
Entre décisions irréfléchies et réalité économique difficile
Mais c’était sans compter sur les calculs politiques des uns et des autres, puisque le débat ne s’est malheureusement pas refermé là où il le fallait. Et ce, pour la bonne et simple raison que la polémique a pris une nouvelle dimension avec les déclarations relatives à d’éventuelles poursuites visant certains membres de la Haute Cour constitutionnelle. En effet, quelles que soient les motivations invoquées, ces annonces ont contribué à accroître les interrogations de l’opinion publique sur les rapports entre les différentes institutions de l’État. La HCC a relancé les débats en dénonçant la violation de son indépendance et la menace qui pèse sur le sacro-saint principe de la séparation des pouvoirs. Le Syndicat des magistrats de Madagascar (SMM) a enfoncé le clou en dénonçant, pour sa part, une grave atteinte à l’indépendance des magistrats. Et depuis hier, les polémiques ont pris une nouvelle dimension avec cette menace d’arrestation contre Antoine Rajerison. Déjà bien connu durant les mouvements qui ont conduit à la chute de l’ancien régime, le député élu d’Arivonimamo pourrait tout simplement monter en popularité si cette arrestation se confirme, puisqu’il sera considéré comme une victime de plus du régime de la refondation, qui a déjà sa longue liste de prisonniers politiques. Tout cela est, en tout cas, loin d’être rassurant pour une population malgache qui semble dépassée par la tournure des événements. Car, au final, ce n’est pas avec ces polémiques politiques nées de décisions parfois irréfléchies qu’il sera possible de permettre aux autorités de trouver des solutions adéquates face à une réalité économique difficile, marquée sur le terrain par un coût de la vie de plus en plus élevé.
R.Edmond.


