Madagascar est manifestement au cœur des rivalités géopolitiques. Réagissant probablement à une présence de plus en plus marquée de la Russie depuis le régime de transition, les États-Unis sont aussi visiblement partis pour la reconquête de cette île stratégique qu’est Madagascar.
Entre deux blocs
La visite à Madagascar de Nick Checker, sous-secrétaire d’État adjoint américain chargé des affaires africaines, et de Christopher Kulukundis, conseiller Afrique de Donald Trump, n’est, en effet, pas passée inaperçue. Reçus successivement par le président Michael Randrianirina, le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison et le président de l’Assemblée nationale Siteny Randrianasoloniaiko, les deux responsables américains ont effectué une mission qui soulève de nombreuses interrogations quant aux véritables intérêts de Washington dans la Grande Île. Incontestablement, tout comme d’autres grandes puissances, la Russie et les États-Unis s’intéressent aussi aux ressources stratégiques dont regorge Madagascar. Une île possédant d’importantes réserves de minerais critiques, notamment des terres rares, du graphite, du nickel, du cobalt et d’autres ressources indispensables à la transition énergétique mondiale. Ces minerais sont aujourd’hui au cœur de la production de batteries électriques, de semi-conducteurs, d’équipements électroniques avancés et de technologies militaires. Mais cette mission américaine n’est pas non plus sans intérêt géostratégique. Washington entend visiblement renforcer sa présence à Madagascar, devenu depuis la transition un allié engagé de Moscou, qui a progressivement renforcé sa présence politique, diplomatique et économique à Madagascar. Cette mission est, en tout cas, considérée par les analystes comme un signal fort de réengagement américain. Après plusieurs années durant lesquelles d’autres acteurs ont gagné du terrain à Madagascar, Washington semble vouloir renforcer sa présence politique et économique auprès des nouvelles autorités malgaches, qui risquent aussi de faire les frais d’une présence entre… deux blocs.
R.Edmond



