La République de la refondation s’équipe militairement. Les amis russes ont fait un don d’équipements militaires et même de matériels lourds à leur nouveau protégé qu’est Madagascar. En attendant plus de détails sur ce don, des interrogations se posent sur la vraie priorité du régime actuel.
Entre impératif sécuritaire et urgence sociale
Chars de combat ou tracteurs agricoles. Cette comparaison, faite dans les conversations de rue, résume en tout cas l’attente de la population en général : celle d’une réponse pragmatique de l’État aux vrais besoins de la population, à savoir manger convenablement à sa faim grâce à une bonne productivité agricole. Des besoins qui ne peuvent évidemment pas être satisfaits à coups d’armes, de munitions et de chars lourds. Lesquels servent plutôt à renforcer la sécurité de l’État et de ses dirigeants, qui semblent ces derniers temps être gagnés par une hantise excessive du coup d’État.
En somme, c’est le besoin sécuritaire qui est privilégié avec ce dispositif de renforcement de l’arsenal de guerre. Justifié dans un contexte international marqué par des recompositions d’alliances, ce type de coopération militaire peut aussi être considéré comme une volonté de diversification des partenaires et de renforcement des capacités de défense nationale. L’on reconnaît généralement que tout État souverain doit pouvoir assurer sa sécurité. Et même si c’est un peu exagéré, les équipements lourds comme les chars peuvent ainsi être perçus comme un outil de dissuasion, voire comme un moyen de moderniser une armée souvent jugée sous-équipée. C’est la raison d’État.
Mais pour le citoyen lambda, la préoccupation est encore ailleurs : celle de pouvoir réellement bénéficier d’un approvisionnement convenable en eau et en électricité, dont le manque a d’ailleurs été l’une des origines de la chute de l’ancien régime. Mais le besoin le plus essentiel de la population reste bien évidemment la sécurité alimentaire en général. Un besoin qui est loin d’être satisfait puisque Madagascar reste encore et toujours l’un des pays les plus pauvres au monde. Chars de combat ou tracteurs agricoles, l’État a le choix entre l’impératif sécuritaire et l’urgence sociale.
R.Edmond.



