Les contrôles et fouilles de véhicules observés ces derniers jours dans la capitale alimentent un débat légitime, né de la divergence de position entre les forces de l’ordre et les automobilistes qui en font l’objet.
Entre impératifs sécuritaires et respect des libertés individuelles
Si les autorités invoquent la nécessité de renforcer la lutte contre l’insécurité, de nombreux automobilistes dénoncent des fouilles qu’ils jugent excessives, parfois intrusives, et susceptibles de porter atteinte à leur liberté de circulation. Il va sans dire que l’État a tout à fait le droit d’imposer ces mesures puisque sa première responsabilité est d’assurer la protection des personnes et des biens. Face, en effet, à la recrudescence de la criminalité, notamment les enlèvements d’enfants relatés dans les médias et sur les réseaux sociaux, les forces de l’ordre ont le devoir d’agir. Les contrôles routiers et les fouilles de véhicules constituent, dans certaines circonstances, des outils légitimes de prévention et de répression. Cependant, la nécessité absolue de la sécurité ne dispense pas les pouvoirs publics des exigences de légalité, de nécessité et de proportionnalité. Ainsi, une fouille ne devrait pas devenir un acte systématique dénué de justification, ni être menée dans des conditions portant atteinte à la dignité des personnes. Le sentiment d’insatisfaction exprimé par certains automobilistes ne traduit pas nécessairement un refus des contrôles. Il révèle davantage une inquiétude face au risque de voir des mesures exceptionnelles s’installer durablement dans le quotidien. Pour leur part, les autorités ont intérêt à faire preuve de transparence en expliquant les raisons de ces opérations, leur durée, leur cadre juridique et les résultats obtenus. Les éléments déployés pour les fouilles doivent aussi faire preuve de pédagogie et d’équilibre dans leurs prestations, pour éviter d’être taxés d’usage abusif de pouvoirs. En somme, les autorités doivent faire l’équilibre entre impératifs sécuritaires et respect des libertés individuelles.
R.Edmond





