Y a-t-il réellement respect des droits fondamentaux à Madagascar ? C’est la question qui se pose avec les nombreux appels lancés ces derniers temps, aussi bien au niveau national qu’international, pour la libération de ceux qu’une partie non négligeable de la population qualifie de prisonniers politiques.
Entre prévention des menaces et respect des droits fondamentaux
Le dernier en date concerne l’ancien sénateur et non moins ancien candidat à l’élection présidentielle Sylvain Rabetsaroana. Son cas continue, en effet, de susciter de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique nationale comme auprès des organisations internationales de défense des droits humains, comme Amnesty International. Alors que l’intéressé est détenu depuis plusieurs semaines à la maison de force de Tsiafahy, dans des conditions inhumaines, dans le cadre d’une procédure judiciaire liée à une présumée atteinte à la sûreté de l’État, plusieurs voix appellent à une vigilance particulière quant au respect de ses droits fondamentaux. Des voix qui rappellent que, même si un État, y compris celui qui est transitoire de la refondation, a le devoir de préserver l’ordre public et de garantir la stabilité des institutions, son rôle principal est aussi d’assurer la protection et le respect des droits et libertés individuelles. En somme, la force des institutions et des dirigeants dignes de leur nom ne se mesure pas uniquement à leur volonté et à leur capacité de prévenir les menaces, et ce d’une manière excessive. Elle se mesure également à leur aptitude à garantir à chaque citoyen, quelle que soit sa position politique, un traitement conforme aux principes de justice, de dignité et d’humanité. Les préoccupations exprimées par certaines organisations de défense des droits humains, comme Amnesty International, rappellent justement l’importance du respect des garanties procédurales reconnues par les textes nationaux et internationaux. Bref, à défaut d’une libération immédiate, comme exigée par Amnesty International, les autorités doivent au moins respecter les principes fondamentaux comme l’accès à une défense effective, la présomption d’innocence, la transparence des procédures judiciaires, ainsi que des conditions de détention respectueuses de la dignité humaine. Sans cela, c’est un État qui n’en est pas un.
R.Edmond.


