L’avenir économique de la Grande île passe inévitablement par sa jeunesse rurale. Face aux défis majeurs du chômage, du sous-emploi et de la prédominance du secteur informel dans les campagnes, l’entrepreneuriat s’impose plus que jamais comme un levier stratégique. C’est dans cette optique que le Programme de renforcement de l’entrepreneuriat durable et de soutien à l’insertion économique des jeunes ruraux (PROGRES) franchit une étape décisive dans la professionnalisation de son offre d’accompagnement. Une série d’ateliers stratégiques organisée la semaine dernière a réuni les acteurs clés du secteur pour poser les fondations d’un dispositif de formation plus performant et inclusif. L’enjeu central réside dans l’harmonisation des parcours d’incubation et la validation définitive du référentiel de pré-incubation. Cette initiative, soutenue par l’Organisation internationale du Travail (OIT) dans le cadre de son Programme pays pour le travail décent (PPTD 2024–2026), vise à lever les obstacles persistants, comme la barrière linguistique ou le manque de suivi post-formation.
Approches
Grâce à la traduction et à l’adaptation des outils éprouvés de l’OIT, notamment la méthodologie GERME en langue malgache, les promoteurs du projet entendent garantir une meilleure accessibilité et une appropriation effective sur le terrain. Les travaux de ces trois jours permettent d’échanger sur les expériences des centres incubateurs, de structurer des contenus pédagogiques adaptés et de cibler précisément les besoins en renforcement de capacités des formateurs. Menée en co-construction avec l’équipe de l’ENIFAR et un pool de formateurs certifiés, cette démarche participative répond aux exigences de qualité et d’éthique de l’OIT. En structurant des parcours complets allant de la sensibilisation au coaching personnalisé, le programme PROGRES ambitionne de transformer le potentiel entrepreneurial de la jeunesse rurale en entreprises pérennes, génératrices d’emplois décents et vecteurs de résilience économique pour l’ensemble des régions de Madagascar.
Narindra Rakotobe


