Après le feu vert du Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) au décaissement des 155 millions de dollars au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) et de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD), on s’attendait à une application complète de l’ajustement automatique des prix à la pompe des carburants.
Épée de Damoclès
Ce qui n’est apparemment pas le cas, pour le moment, puisque, pour ce mois de novembre, seul le prix du pétrole lampant a fait l’objet d’un ajustement partiel, en passant de 3 710 ariary à 3 910 ariary, soit une augmentation de 200 ariary par litre, alors que les prix du gasoil et du super carburant restent inchangés. Selon le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison, cette stabilité devrait être maintenue au moins jusqu’en décembre. En optant pour ce statu quo temporaire pour ces deux produits, le gouvernement affiche, à juste titre, sa volonté de protéger le pouvoir d’achat contre les effets néfastes d’une hausse des carburants, qui risque de se transformer en choc inflationniste.
La logique du gouvernement est compréhensible, puisqu’une augmentation des prix du gasoil et de l’essence ne touche pas seulement les automobilistes. Elle se répercute rapidement sur les coûts du transport, du fret, de la production agricole et industrielle, ainsi que sur la distribution des marchandises. Une manière de se prémunir de l’effet domino d’une hausse à la pompe, qui peut se répercuter rapidement sur le coût des autres produits.
Cependant, même si elle est favorablement accueillie par les citoyens, du moins ceux des grandes villes qui sont les plus utilisateurs de l’essence et du gasoil, contrairement à la population rurale, utilisatrice du pétrole lampant, cette mesure de protection risque d’être éphémère. Dès janvier 2027, date butoir fixée pour l’application de l’ajustement automatique des prix, la spirale de la hausse risque de nouveau d’être de mise, surtout dans ce contexte international marqué par un boom des cours pétroliers internationaux. Une épée de Damoclès sur la tête du régime de la Refondation qui, d’ici là, devrait trouver les moyens de concrétiser certaines promesses, comme la recherche de nouveaux partenaires et fournisseurs pétroliers à moindre coût que ceux qui sont là depuis des années.
R.Edmond




