Depuis leur nomination au sein du gouvernement Mamitiana Rajaonarison, ils ne se sont plus affichés publiquement aux côtés de Marc Ravalomanana et ont toujours été les grands absents lors des descentes et actions organisées par le « Tiako i Madagasikara ».
Position inconfortable pour trois ministres issus du parti « Tiako i Madagasikara »
Vont-ils rester fidèles à leur famille politique et à l’ancien Président Marc Ravalomanana, qui s’avère être leur mentor, ou choisiront-ils de suivre le courant de la Refondation pour être maintenus à leur « seza » ? C’est la question qui se pose. Nul n’ignore, en effet, que la divergence de points de vue entre le numéro un du TIM, qui a déjà officialisé son choix en faveur de l’État unitaire, et les tenants du pouvoir de la Refondation, qui prévoient un forcing pour réaliser le basculement vers l’État fédéral, risque de mettre maître Hanitra Razafimanantsoa, ministre de la Refondation, Lily Rafaralahy, ministre du Tourisme et de l’Artisanat, et Todisoa Andriamampandry, ministre de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, entre deux feux. Le choix est difficile pour ces barons de l’ancien parti au pouvoir même si, depuis leur nomination au sein du gouvernement Mamitiana Rajaonarison, ils ne se sont plus affichés publiquement aux côtés de Dada Ravalo et ont toujours été considérés comme les grands absents lors des descentes et actions organisées par le « Tiako i Madagasikara ». Ils ont probablement fait ce choix afin d’observer une neutralité politique vis-à-vis de l’administration publique.
Enième scission
Ces derniers temps, on remarque que les débats autour de la forme de l’État prennent une tournure délicate et deviennent de plus en plus virulents entre partisans de l’État unitaire et ceux soutenant l’État fédéral. Pour ne citer que les propos du vice-président de l’Assemblée nationale représentant l’ex-province de Mahajanga, Afakandro Christian, qui s’est attaqué ouvertement à Marc Ravalomanana, tout en accusant l’ancien Président de « vouloir préserver l’État unitaire pour favoriser le monopole, les détournements de fonds publics et pour continuer à ne pas payer les impôts ». Pour l’heure, aucun des ministres TIM ne s’est prononcé pour défendre leur patron. Il est clair, en effet, que l’ancien député de Tana I, l’ex-député de Tana VI et l’ancienne conseillère municipale, tous élus sous les couleurs du « Tiako i Madagasikara », se trouvent désormais entre le marteau et l’enclume. Il serait difficile pour eux de choisir un camp, du moins pour le moment, sous peine d’être éjectés de leur fauteuil ministériel. L’histoire a aussi démontré que tous ceux qui ont tourné le dos à Marc Ravalomanana et choisi de faire cavalier seul ont vu leur carrière politique s’effondrer. Pour ne citer que le cas de nombreux dissidents TIM tels que Félix Randriamandimbisoa, Harinaivo Randrianantoandro, le colonel Ramboasalama et consorts. À l’allure où vont les choses, ces ministres TIM vont rester dans l’embarras jusqu’à ce que les débats sur ce sujet lié à la forme de l’État soient clos, c’est-à-dire à l’issue du prochain référendum constitutionnel. Ce dilemme concerne aussi les députés élus sous la bannière du parti TIM. À cette allure, le « Tiako i Madagasikara » risque d’être frappé par une énième scission.
Davis R


