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vendredi, octobre 23, 2026
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Évasion des 11 détenus chinois : Transparency International pointe du doigt la responsabilité du ministère de la Justice

À la suite de l’évasion, fin août 2026, des onze ressortissants chinois condamnés pour escroquerie en ligne des prisons d’Avaradrano et d’Antanimora, TI-IM exige des comptes au ministère de la Justice.

L’évasion rocambolesque de onze détenus chinois condamnés pour cybercriminalité enflamme la toile et suscite l’ire de la société civile. Transparency International exige des comptes face à cette faillite systémique de la justice.

L’affaire continue de monopoliser l’actualité

Bien que des mesures aient déjà été prises en Conseil des ministres, l’opinion publique, la classe politique et la société civile refusent de baisser la garde. En effet, face à ce qu’elle considère comme une bévue monumentale, Transparency International – Initiative Madagascar (TI-IM) monte au créneau à travers un réquisitoire particulièrement cinglant. Pour l’ONG, cette libération sans la moindre base légale constitue ni plus ni moins qu’un pied de nez intolérable à l’autorité de la chose jugée. Dans un communiqué publié hier, l’organisation dresse un constat amer en insistant sur le fait que « cet épisode désastreux jette un discrédit absolu sur la crédibilité de notre pays dans sa prétendue guerre contre la criminalité financière, tout en piétinant les efforts titanesques menés de concert avec des partenaires internationaux dont l’appui technique et logistique avait pourtant permis d’épingler ces criminels ».

Faillite systémique

En effet, là où le bât blesse, c’est que le scandale ne se cantonne pas aux seuls agents d’exécution en poste dans les centres pénitentiaires. Il met à nu la faillite systémique de toute la chaîne de commandement et des dispositifs de supervision chapeautés par le ministère de la Justice. En tant que tutelle directe de l’administration pénitentiaire, ce département ministériel a l’obligation morale et légale de répondre de la garde effective des individus incarcérés. Comment est-il possible que des détenus étrangers de cette envergure aient pu s’évaporer sans éveiller le moindre soupçon en temps utile ? Ni les registres officiels, ni la hiérarchie tatillonne, ni les fameux contrôles internes n’ont fonctionné. Pour Transparency International – Initiative Madagascar, la reddition de comptes est désormais une exigence non négociable. Le ministère de la Justice est sommé de s’expliquer publiquement sur cette détection tardive aux relents de complaisance, sur la porosité des dispositifs en vigueur, ainsi que sur les mesures correctives d’envergure à adopter d’urgence. Jeter en pâture les simples subalternes ne suffira pas à étouffer un scandale qui met en lumière la fragilité structurelle de tout un appareil étatique.

Changement radical

Pour espérer redorer le blason d’un État de droit au bord de la rupture, l’organisation préconise un changement radical de cap articulé autour de quatre grands axes incontournables. Il conviendra en premier lieu d’enclencher une enquête judiciaire véritablement indépendante, affranchie de toute inféodation politique et de tout conflit d’intérêts. Cette investigation devra disséquer la chronologie minute par minute et auditer chaque paraphe ayant permis cette sortie rocambolesque, peu importe le statut ou le pedigree des pontes potentiellement mouillés, qu’il s’agisse de corruption pure, de trafic d’influence ou d’abus de pouvoir caractérisé. Dans la foulée, un audit exhaustif et sans concessions de l’ensemble des procédures de transfèrement et de levée d’écrou s’impose pour colmater des brèches béantes qui profitent manifestement aux plus offrants. Le troisième impératif réside dans le verrouillage draconien des mécanismes de contrôle. Traçabilité rigoureuse, double validation systématique, registres infalsifiables, droit de regard renforcé de l’autorité judiciaire, descentes inopinées sur le terrain et blindage de la protection des lanceurs d’alerte devront devenir la norme. Enfin, la dernière exigence touche à la communication institutionnelle, qui se doit d’être irréprochable, transparente et vérifiable quant à l’évolution des recherches pour retrouver ces fugitifs introuvables. Au bout du compte, cette affaire dépasse largement le cadre d’un simple fait divers carcéral. Elle interroge frontalement la capacité de l’État malgache à imposer le respect de ses propres lois face aux tentacules des réseaux mafieux. Comme le rappelle avec force Transparency International – Initiative Madagascar, la transparence ne saurait souffrir d’aucun passe-droit.

Julien R.

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