
Après six années d’interruption, la revue semestrielle de l’exécution du budget de l’État a été relancée hier, au Centre de conférences international d’Ivato. Parmi les blocages persistants cités figure la complexité des procédures.
« Nous allons identifier et lever tous les blocages ! » C’est ce qu’a martelé le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison lors de la Revue de l’exécution budgétaire, organisée hier sous la conduite du ministre de l’Économie et des Finances, Dr Ramiarison Herinjatovo Aimé, avec la participation de l’ensemble des membres du Gouvernement ainsi que des responsables des institutions et administrations. En effet, les travaux ont permis de dresser un bilan des recettes, des dépenses publiques et, surtout, de l’avancement des Projets d’investissement public, ou PIP, durant les six premiers mois de l’année. Pour le ministre de l’Économie et des Finances, cette revue doit permettre d’établir un diagnostic « réel et transparent » de la situation budgétaire, mais également d’identifier les obstacles qui retardent la réalisation des projets prioritaires. « Un budget sans investissement est un budget qui prépare le déclin du pays », a souligné le chef du Gouvernement. Si les dépenses de fonctionnement permettent à l’administration de poursuivre ses activités, les investissements publics servent, selon lui, à construire l’avenir à travers les routes, les écoles, les hôpitaux, l’électricité ou encore les infrastructures numériques.
Outil de pilotage
Les échanges ont porté sur les trois piliers définis par le ministère de l’Économie et des Finances : les dépenses de fonctionnement, les investissements financés sur ressources internes et les projets soutenus par les partenaires techniques et financiers. Selon le ministre Dr Ramiarison Herinjatovo Aimé, les écarts constatés ne doivent pas servir à sanctionner, mais à engager un dialogue constructif et à identifier les blocages. La lenteur des marchés publics, les retards de décaissement et certaines insuffisances techniques ont notamment freiné plusieurs projets prioritaires. Le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison a, pour sa part, appelé à davantage d’efficacité, autour de trois mots d’ordre : « expéditivité, impacts et innovations ». Au premier semestre, le taux d’exécution des investissements s’est établi à 17% sur financement extérieur et à 24% sur financement intérieur, malgré des réalisations déjà visibles, notamment sur les routes nationales. Pour le second semestre, le ministère de l’Économie et des Finances veut faire de cette revue un véritable outil de pilotage afin de corriger la trajectoire, rattraper les retards et accélérer les investissements publics. L’objectif est que les crédits budgétaires se traduisent concrètement par des routes, des écoles, des hôpitaux, de l’électricité, des infrastructures numériques et une amélioration des conditions de vie de la population.
Antsa R.


