
Dans une quête instinctive où le passé se dépouille de ses artifices, l’artiste plasticienne Ashiko Ratovo invite, dans « Sisin-dava », à un voyage entre effacement et présence. C’est au Novotel Alarobia ce mois de juin.
Comme le futur reste flou, le passé, chez Ashiko Ratovo, qui expose « Sisin-dava » au Novotel Alarobia jusqu’au 28 juin, ne porte pas loin. Chez cette artiste-peintre, le passé se dépouille et, à partir de là, englobe l’humain. Plus de couleurs, d’idéologies, de vision du monde : seules les formes éthérées subsistent, attendant peut-être d’être emmenées par les vents de l’oubli. Après, d’autres formes reprennent leur place. En effet, dans ces œuvres, c’est un voyage de tableau à tableau, de moment évasif à moment évasif. Rien n’y exclut la temporalité, c’est l’espace qui s’efface ou prend un lointain recul. Ainsi vont les couleurs ocre, une sorte de rouille enjôleuse qui laisse parfois des vides ou emplit en totalité chaque cadre. La démarche, tout autant que le regard, est instinctive. La mémoire semble être plénitude, ou construction par les moments d’absence. S’y fier est un exercice parfois périlleux. Ashiko Ratovo ne questionne pas dans « Sisin-dava », elle pose sa subjectivité ; à chaque visiteur ou visiteuse, aux clients ou clientes de cet hôtel, de se poser eux-mêmes la question sur leur rapport à leur passé. Et pourquoi pas à leur rapport à leur présent. Puis, il faut aussi l’admettre, dans un établissement à plusieurs étoiles, c’est sûrement pour faire chic et branché. Descendante du grand maître Razanamaniraka, l’artiste contemporaine a remporté le prix Paritana en 2023.
Maminirina Rado


