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samedi, septembre 26, 2026
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Expression : Crucifiée par la crise et en attente d’un miracle

Madagascar traverse, ces derniers temps, un véritable chemin de croix économique. La vie n’a offert aucun répit à l’approche de la fin de l’année 2025. À peine cloué au sol par les épreuves, un homme s’est levé et a crié : « Arrêtez ! » Épuisé, le peuple a accueilli ses paroles comme une délivrance, acceptant presque naturellement que lui et ses apôtres accèdent au pouvoir.

Mais même la bravoure humaine ne peut contenir les caprices de la nature. Deux cyclones, Fytia et Gezani, ont frappé le pays, l’un à l’ouest, l’autre à l’est, comme pour rappeler que la souffrance n’a pas de frontières. Ainsi, la fête de la Nativité, la fin d’année et le Nouvel An ont été célébrés sans éclat, presque à contrecœur. Les assiettes, à peine garnies, laissaient apparaître un huitième de leur promesse : un peu de riz, symbole d’un quotidien devenu austère. Les dettes, elles, pesaient plus lourd que la croix portée par le fils de Bethléem. Mais, à la différence de ce dernier, dont le destin était écrit, le peuple malgache conjugue à l’infini le verbe « être », sans jamais atteindre le futur qu’il espère.

Le Fils de Dieu est ressuscité au troisième jour. La Grande île, elle, endure depuis plus de trois décennies, sans résurrection en vue. Dans quelques jours viendra la fête pascale. Un moment censé être celui du renouveau, du partage, du souffle retrouvé. Les plages seront noires de monde, tout comme les églises seront pleines. Les uns chercheront à relever la tête, se disant que, malgré tout, la crise finira bien par passer. Les autres s’agenouilleront, implorant une ascension : non pas céleste, mais économique. Qui, de ces deux élans, est le plus réaliste ? Peut-être aucun. Peut-être les deux. Car l’espoir, aussi fragile soit-il, reste une nécessité vitale.

Cette année, pourtant, la fête de Pâques s’annonce timide dans certaines régions. Ailleurs, on tente de raviver une joie mise en veille depuis trop longtemps. Une tentative d’oubli, un sursis face aux tracas du quotidien. Les jeunes, notamment, choisissent cette échappatoire. Épuisés par les manifestations de septembre et octobre 2025, ils cherchent à récupérer une force qu’ils ont laissée dans les rues, lors de ce qu’ils considéraient comme un moment décisif. Mais aujourd’hui, un nuage de désillusion plane au-dessus des esprits. Entre mirage et hallucination, la résurrection du Fils de l’homme risque bien d’être célébrée autour d’une table où trônent quelques bouteilles, clairsemées, comme les espoirs qu’elles accompagnent. Pourtant, quoi qu’il en soit, la vie continue. Parce que, même dans la souffrance, croire reste la dernière richesse que personne ne peut confisquer. Entre foi et fois, combien faudra-t-il tomber !

Iss Heridiny

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