
Basta Lion, Denise, Joyce Mena Makoa, GaEi, Mashmanjaka, Patrick Ramangason, Luck Razanajaona, Mendrika Ratsimba, Michèle Rakotoson : la liste est longue. Ces artistes ne sont que des aperçus. Ces cinq dernières années, l’art malgache rayonne à l’échelle internationale.
« Que les pessimistes se taisent ! Madagascar n’a rien à envier aux créateurs étrangers », a confirmé le danseur professionnel Hurio Madio. « Depuis toujours, ce pays a été une référence », a insisté le bédéiste Nino Pillar. Mais la question qui assaille l’esprit : pourquoi les Malgaches se doutent-ils de la compétence de leurs compatriotes ? Des arguments ont été évoqués pour répondre à cette interrogation.
L’insularité serait la cause selon certains. Entouré d’océan, Madagascar ne peut pas évoluer. « Contrairement aux Africains qui entretiennent des relations avec leurs voisins, les Malgaches sont enfermés. Par conséquent, l’art ne circule que sur la Grande Île. Donc, ils croient que les créations proposées par nos artistes ne seraient guère compétitives », a estimé bon nombre de personnes. Pourtant, des îles et des archipels comme les Antilles, le Cap-Vert, la Jamaïque, les Philippines, la Nouvelle-Guinée, l’Indonésie arrivent à imposer leur style. D’autant plus que la technologie, les réseaux sociaux ainsi que les plateformes en ligne sont des outils efficaces. Bref, l’isolement n’est pas une excuse.
La pauvreté, pour d’autres, serait aussi la source. « Nous sommes à un train de retard par rapport aux autres pays africains. Le manque de matériels, de ressources est considérable », a mentionné un organisateur événementiel qui préfère taire son nom. La misère n’est pourtant pas une fatalité. Au contraire, la paupérisation s’avère être une source d’inspiration… La diaspora est également pointée du doigt. « Nos voisins africains sont très soudés, alors que nous, sommes disloqués », a avancé un autre. Bref, supériorité numérique, séquelles de la colonisation, et bon nombre d’hypothèses ont été supposées… En fait, le patriotisme n’est pas ancré dans l’esprit !
Iss Heridiny


