
Exécution sommaire ou coup de grâce : la mort de Zidane Narson Sagedro suscite encore le débat. Bien que la gendarmerie ait pris l’initiative de rechercher les responsables, la population demeure profondément troublée.
Le mercredi 6 mai dernier, les radios, les chaînes de télévision ainsi que le réseau social Facebook ont largement relayé le décès du jeune homme de 18 ans. D’après les informations recueillies, une unité spécialement chargée du maintien de la sécurité et de l’ordre public l’aurait interrogé afin d’obtenir une information jugée précieuse : l’emplacement d’une arme. Parallèlement, un homme se présentant comme l’employeur du père du jeune accusé, inquiet de la situation, s’est rendu à la gendarmerie pour le voir. « Je l’ai vu affaibli. Je lui ai demandé ce qui se passait. Il m’a répondu : “Je n’ai aucune idée de ce qu’ils veulent… On m’a torturé” », a-t-il déclaré dans une vidéo. Le lendemain, cet homme est revenu demander où se trouvait Zidane. « Il serait mort alors qu’il tentait de s’enfuir », lui aurait-on répondu. Le corps du jeune homme se trouvait alors à l’hôpital. Indignée, la population a manifesté en transportant la dépouille du défunt devant la gendarmerie.
L’insécurité dans cette région est une réalité évidente. Ces trois dernières années, la capitale Bemazava est devenue une ville où les brigands imposent leur loi. Les forces de l’ordre multiplient les opérations pour tenter d’éradiquer ce fléau. Tellement obsédées par le démantèlement des réseaux de bandits, elles adoptent parfois des procédés violents, voire disproportionnés. Sous un autre angle, la mort de Zidane reflète cette tendance à vouloir résoudre les problèmes dans la précipitation, sans respecter l’éthique ni la déontologie. Jusqu’à présent, aucune déclaration officielle n’a été faite par les responsables concernés. Par ailleurs, la prise de position des députés élus dans la province d’Antsiranana, menée par Issa Ibrahim Charles, a été saluée par les habitants. « Nous exigeons qu’une décision ferme soit prise. Que les responsables soient suspendus de leurs fonctions et arrêtés. Rappelons que ce type d’erreur est récurrent. Il y a quelques semaines, une situation similaire s’est produite à Antalaha… », a-t-il martelé.
La violence et les agressions commises par certains agents chargés de faire régner l’ordre public font malheureusement partie du quotidien. Combien d’hommes en uniforme intimident encore le petit peuple dans ce pays ? La population, souvent victime, connaît trop bien la formule : « Nous allons ouvrir une enquête ». Puis les dossiers sont classés sans suite. Pour couronner le tout, le gouvernement tente d’apaiser la tension sociale par des opérations de diversion. Mais le vahoaka n’est pas dupe. Le régime Fanavaozana devrait absolument rompre avec cette mauvaise habitude persistante. Assurer la sécurité des Malgaches n’est-il pas l’un des principaux objectifs de la Refondation ?
Iss Heridiny


