
Avec une pression fiscale inférieure à 11% du PIB, Madagascar reste loin des niveaux observés dans plusieurs pays comparables. Selon le ministre de l’Économie et des Finances, les fraudes fiscales feraient perdre plus de 800 millions USD par an à l’État.
Le chiffre interpelle. Madagascar perdrait chaque année l’équivalent d’environ 5% de son produit intérieur brut, soit plus de 800 millions de dollars, en raison des fraudes fiscales. Une estimation avancée par le ministre de l’Économie et des Finances dans le cadre des échanges consacrés à la préparation du Projet de loi de finances initiale (PLFI) 2027. Cette situation contribue à maintenir les recettes fiscales à un niveau particulièrement faible. La pression fiscale demeure en effet inférieure à 11% du PIB, alors qu’elle se situe entre 15% et 18% dans plusieurs pays présentant des caractéristiques économiques comparables. Autrement dit, une part importante des recettes qui devraient alimenter les caisses de l’État échappe encore au système fiscal.
Grandes entreprises
Un autre indicateur permet de mesurer l’ampleur de l’écart. Selon les données communiquées, les obligations fiscales des grandes entreprises représenteraient en moyenne, au niveau mondial, environ 20% de leur chiffre d’affaires. À Madagascar, ce ratio ne serait que de 12% en moyenne. La situation reste toutefois très contrastée. Certaines grandes entreprises figurant parmi les plus contributrices consacreraient jusqu’à 30% de leur chiffre d’affaires à leurs obligations fiscales. Un écart qui pose notamment la question de l’élargissement de l’assiette, de l’équité entre contribuables et du renforcement de la lutte contre les pratiques frauduleuses.
Besoins considérables
Le manque à gagner apparaît d’autant plus préoccupant que les besoins de financement sont immenses. Dans la région Analamanga, l’amélioration des infrastructures, particulièrement des routes, figure ainsi parmi les priorités exprimées pour le budget 2027. La dégradation du réseau routier aurait elle-même un coût économique considérable. Les pertes liées au mauvais état des routes sont estimées à environ 320 millions de dollars par an, en raison notamment des surcoûts de transport et de leurs répercussions sur l’agriculture, le commerce, le tourisme et les autres activités économiques. Dans ce contexte, la lutte contre la fraude fiscale pourrait constituer un important levier pour dégager davantage de marges budgétaires, sans faire reposer systématiquement l’effort supplémentaire sur les contribuables qui s’acquittent déjà de leurs obligations.
Double exigence
Mais augmenter les recettes ne suffit pas. La question de leur utilisation reste indissociable de celle de leur mobilisation. Pour les contribuables, l’équation est donc double : réduire les pertes liées aux fraudes et garantir que les ressources effectivement collectées soient utilisées de manière transparente et efficace. À l’approche du PLFI 2027, le débat budgétaire porte ainsi autant sur la capacité de l’État à augmenter ses recettes que sur celle de transformer ces ressources en infrastructures et services publics répondant réellement aux besoins de la population.
Antsa R.





Hehehe,c’est toujours de beaux discours mais dans les faits le pays est toujours en galère depuis des dizaines d’années