Un jeune « fanorolahy » s’effondre en plein combat d’ouverture d’une compétition de moraingy à Ambanja, le samedi 19 avril 2026. Le jeune homme de 23 ans, aussitôt transporté à l’hôpital, décède avant que les médecins n’aient eu le temps de le prendre en charge.
Fanorolahy en deuil
La scène a choqué les spectateurs du stade municipal Sambirano, à Ambanja. L’adversaire du malheureux combattant, le voyant à terre, a cru avoir gagné par K.-O., mais n’a pas eu le temps de savourer bien longtemps sa victoire. Les attentions se sont concentrées sur le combattant qui, en l’espace d’un instant, allait perdre la vie. Le voilà devenu une victime.
Victime de quoi, au juste ? Victime de sa passion qu’est le moraingy ? Victime d’un accident mortel en recevant un coup fatal à un point vital ? Victime d’une défaillance au niveau de la sécurité des combattants ? Victime d’un manque de vigilance au niveau de l’arbitrage ? Victime du temps qui n’a pas permis une prise en charge médicale rapide ? Victime de quoi, au juste ? Car le moraingy, cet art de combat traditionnel malgache, non moins une culture et un spectacle populaire fortement prisé par le public dans plusieurs régions de Madagascar, est au centre des discussions ces trois derniers jours. La question de la sécurité des combattants revient sur le tapis. Car ce cas du fanorolahy mort sur le « ring » remet en question le niveau de sécurité actuel des combattants. Le port d’équipements de protection tels que le casque, les gants similaires aux gants de boxe, ou d’autres dispositifs, n’a pas, jusqu’ici, convaincu ceux qui pratiquent le moraingy, car cela « enlève de l’authenticité » à ce sport traditionnel. Au niveau des instances officielles, les règlements instaurés pour le moraingy tiennent compte des risques. Pas suffisamment, aux yeux de certains spectateurs, car pour eux, le moraingy doit rester un sport, une culture, et non une invitation au suicide. Pour d’autres, ce drame d’Ambanja était un accident, comme il pourrait s’en produire dans d’autres disciplines. Quoi qu’il en soit, le débat n’est pas clos.
Hanitra R.



