
Un grand pas vient d’être franchi dans nos relations avec les bailleurs de fonds. Selon les informations que nous avons reçues en dernière heure, le Conseil d’administration du Fonds Monétaire International a donné son aval pour le déblocage des 69 millions de dollars qui représentent la deuxième tranche de la Facilité Élargie de Crédit (FEC).
Un déblocage qui va permettre aux autorités de poursuivre les efforts de redressement économique avec l’appui des bailleurs de fonds et qui témoigne par ailleurs de la confiance des partenaires techniques et financiers à l’endroit de Madagascar.
Performance. On rappelle qu’une équipe du FMI dirigée par Frédéric Lambert a tenu des discussions virtuelles du 22 septembre au 25 octobre 2021 avec les autorités malagasy sur la première revue de la FEC. Des discussions au cours desquelles «l’équipe du FMI et les autorités malagasy sont parvenues à « un accord au niveau des services sur la première revue du programme économique de Madagascar au titre de la Facilité Elargie de Crédit » indique le communiqué de presse de fin de mission publié par le FMI en octobre dernier. C’est justement sur la base des dossiers techniques relatifs à cette mission que le Board du FMI a pris la décision de déblocage de ces 69 millions de dollars. Ce décaissement permettra, en tout cas à Madagascar de couvrir les besoins de financement extérieur et budgétaire. Ce « oui » du FMI confirme par ailleurs la performance des autorités nationales dans la réalisation du programme soutenu au titre de la FEC dont l’objectif est de soutenir la reprise économique de Madagascar après la pandémie et qui fournit un financement pour préserver les dépenses prioritaires. Sur ce point d’ailleurs, le ministre de l’Economie et des Finances Rindra Hasimbelo Rabarinirinarison a déclaré dans une interview accordée à l’Express de Madagascar que suite à une demande des autorités malagasy, le FMI a accepté, la tranche de 69 millions de dollars de la FEC sera intégrée aux aides budgétaires à intégrer dans le budget général pour soutenir les dépenses de l’Etat durant cette année.
Carburants. En tout cas, la majorité des critères posés par la FEC ont été remplis. Mais le FMI a également demandé des efforts supplémentaires à la partie malgache sur certains secteurs. Notamment dans la gestion des prix des carburants où le Fonds a suggéré à la partie malgache d’éviter l’accumulation de dettes envers les distributeurs pétroliers en préparant la mise en œuvre d’un mécanisme de tarification automatique des carburants. En terme plus clair le Fonds souhaite une application stricte de la vérité des prix. Avec ce que cela suppose de flambée des prix à la pompe surtout en ce moment où les cours du brut s’envolent qui aurait obligé le gouvernement d’augmenter les prix des carburants en fonction de la parité du dollar et des cours du baril. Sur ce point, des sources proches du dossier indiquent que finalement les deux parties se sont mis d’accord sur le principe d’une augmentation progressive et non pas automatique des prix à la pompe. Une manière en somme pour le gouvernement de préserver le pouvoir d’achat de la population puisqu’une application brute de la vérité des prix à la pompe des carburants exposerait les consommateurs à une inflation galopante. En somme, comme tous les pays du monde, Madagascar ne sera pas épargné par la crise pétrolière provoquée par la guerre en Ukraine, avec les cours du baril qui frôlent actuellement les 150 dollars. Mais le mal sera moindre à Madagascar avec cette option pour une augmentation progressive et non automatique des prix à la pompe proposée par la partie malgache.
R.Edmond.




