
La Direction des Arts, de la Culture et de la Participation Citoyenne, en étroite collaboration avec la famille, a organisé un vernissage à la Bibliothèque municipale de la Commune urbaine d’Antananarivo, le mercredi 25 mars dernier. L’événement a mis en lumière les œuvres ainsi que la trajectoire de Felanavokon’Itasy.
Née le 13 mai 1924, Nety Razanadriaka, connue sous le nom de Felanavokon’Itasy, fut une poétesse profondément engagée. Elle a dédié une grande partie de sa vie à la littérature, laissant derrière elle plus de mille poèmes. Selon ses descendants, elle nourrissait le projet de publier, de son vivant, un ouvrage intitulé Fo tsy aritra. Le destin en a décidé autrement, et ce livre n’a jamais vu le jour. Animés par un devoir de mémoire, ses petits-enfants ont pris l’initiative remarquable de publier officiellement un recueil de ses poèmes le jour de son anniversaire, comme un écho tardif mais vibrant à sa voix.
Felanavokon’Itasy n’avait peut-être jamais entendu parler de féminisme, mais elle en incarnait l’essence. Femme de conviction et de labeur, elle avançait avec l’ardeur d’un forgeron, façonnant ses mots comme on martèle le fer. Elle portait en elle une vision de la prospérité, enracinée dans le travail et la persévérance. Son existence traverse l’histoire, née en pleine période coloniale, âgée de 23 ans lors de l’insurrection de 1947, puis témoin de l’indépendance en 1960, à 36 ans. Nety Razanadriaka aura ainsi été contemporaine des trois Républiques, inscrivant dans ses écrits une véritable fresque du temps.
En 2024, un événement a été organisé à Miarinarivo, avec pour objectif de faire découvrir cette grande figure littéraire aux jeunes générations. Une manière de transmettre, de raviver, et surtout de ne pas oublier.
Iss Heridiny


