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samedi, septembre 26, 2026
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Festival : Jazz@tohatohabato, événement majeur du jazz national

L’esprit jazz « made in Madagascar » retrouvé le temps du Jazz@tohatohabato. (photo : Nary Ravonjy)

Le « festival », il faut bien lui trouver une qualification : « Jazz@tohatohabato » confirme son statut d’événement culturel majeur de la capitale. Populaire, élégant, musical et plein d’étoiles pendant quatre jours, il s’est conclu en apothéose hier, au pied de l’escalier d’Antaninarenina.

Cet escalier historique se transforme en arène du jazz. Ce public, organisé sur le rythme, les mélodies et les improvisations. Le « festival » Jazz@tohatohabato (du 5 au 9 août) redonne des couleurs locales à ce genre musical. C’est un fait de cité urbaine, dont seules les grandes villes aux marqueurs architecturaux comme Tananarive, Tamatave, Majunga, etc., peuvent s’en pavaner. Le jazz est de nouveau rassembleur, festif et familial, accessible, un lieu de vivre-ensemble grâce à ce « festival ». Hier, pour la « Grande scène » finale, pas de grosses pointures comme lors des précédentes éditions qui ont vu défiler Fanja Andriamanantena, Solo Andrianasolo et d’autres. Place, plutôt, aux jeunes, ceux du CGM Jazz Club en particulier.

Ce qui refléterait aussi cette diminution du public par rapport aux précédentes éditions. Jenny Radson, membre de l’équipe d’organisation, s’explique : « Pour cette édition, les jeunes ont été mis en avant, avec 80% des participants. » Kevin Kitou et son quatuor sont parmi ceux-là. « C’est ma première participation, j’ai un peu peur. Pour ma part, je ferai quelques chansons. En particulier, une réinterprétation, version modern jazz, de la chanson de Mahaleo «Embona sy anina». C’est pour rendre accessible ce genre musical. » Depuis quelques années, avec un festival international Madajazzcar en demi-stand-by, les jeunes pousses du jazz tananarivien manquent de scène majeure pour s’affirmer. Alors, ce sont les musiciens et musiciennes confirmé(e)s qui sortent leur épingle du jeu.

Du peu et du bon

Grâce à Jazz@tohatohabato, les choses commencent à changer. Le petit hic : les autres clubs de jazz des autres centres, comme l’Aft, n’ont pas été invités. Le CGM étant organisateur, il ne s’est focalisé que sur ses protégés. De bonne guerre et à chacun ses galères. Une petite victoire pour les organisateurs, cette année : la venue de musiciens allemands, Robin Henn et Martin Zenker. La première est une chanteuse de jazz, sortante de la Haute École de musique de Munich. Le second, plus aguerri, a déjà collaboré avec des figures mythiques du jazz telles que Jimmy Cobb, Billy Hart, Ed Thigpen ou Steve Grossman. Rien que ça. Cela laisse supposer que le festival se tourne aussi, petit à petit, vers l’extérieur.

« Comme ce festival ne se consacre pas uniquement au jazz, il y a la présence de groupes de rock, de rap et de traditionnel », poursuit Manoa Radonason, elle aussi bassiste de jazz. L’affiche de cette « Grande scène » laisse perplexe et amuse tout autant. Telle la présence du duo de rappeurs « 18.3 », qui a fait des loufoqueries textuelles son fonds de commerce. Tout comme le groupe The Revery, des rockeurs plus à l’aise sur les scènes underground que sur un podium aux couleurs de jazz. La stratégie semble être définie : ouvrir les horizons et attirer jusqu’au mélomane de base. « Pour le groupe Raozin’i Gasikiara, c’est à cause du patrimoine. La reine Ranavalona III descendait par ces escaliers pour aller au marché. Elle était devancée par la fanfare », ajoute la bassiste. Alors, la troupe folklorique a ouvert les hostilités hier. Puis s’en sont suivies plus de quatre heures de musique et de découvertes.

Maminirina Rado

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