
Pendant trois jours, du 23 au 25 juillet, la commune rurale d’Anketrakabe, dans le district de Diego II, a vécu au rythme de la troisième édition du Festival Tsakotsako. Plus qu’une simple vitrine agricole, cette manifestation a remis au premier plan une filière qui structure l’économie locale et fait vivre une grande partie des ménages de la commune.
Dans cette partie du nord de Madagascar, le maïs demeure l’une des cultures les plus pratiquées. Mais son potentiel économique reste encore largement sous-exploité. La commercialisation du produit à l’état brut continue de dominer les circuits de vente, limitant les revenus des producteurs. C’est précisément sur cette problématique que s’est construit le festival : promouvoir la transformation locale afin de générer davantage de valeur ajoutée et de diversifier les débouchés de la filière. À l’ouverture de la manifestation, le directeur régional de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire de la région DIANA a rappelé que l’avenir de la filière passe par une meilleure valorisation de la production. Le maïs, a-t-il souligné, ne se limite pas à sa consommation traditionnelle. Il peut être transformé en farine, en huile, en aliments à haute valeur nutritive, mais également servir à la fabrication d’emballages ou à la production d’énergie. Autant de perspectives susceptibles d’améliorer les revenus des exploitants tout en stimulant le tissu économique local.
La cérémonie d’ouverture a rassemblé le gouverneur de la région DIANA, plusieurs directeurs régionaux, des maires des communes du district de Diego II, des représentants des autorités civiles et militaires, des opérateurs économiques, des partenaires techniques ainsi que les différents acteurs intervenant dans la chaîne de valeur du maïs. Une mobilisation qui témoigne de l’intérêt accordé au développement de cette filière. Le festival ne s’est toutefois pas limité aux expositions de produits dérivés. Des séances de formation et de partage d’expériences ont également été organisées par le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire. Encadrées par les équipes des programmes MIASA et DRASA, elles ont porté sur la lutte contre les ravageurs, les techniques d’amélioration de la production et les pratiques de gestion des exploitations.
À sa troisième édition, le Festival Tsakotsako confirme ainsi sa vocation : faire de la transformation du maïs un moteur de développement territorial, en rapprochant producteurs, techniciens, autorités publiques et partenaires autour d’une même ambition, celle d’une agriculture davantage créatrice de richesses pour les communautés rurales.
Iss Heridiny


