
À l’approche du 26 juin, les rues d’Antananarivo s’habillent progressivement de blanc, rouge et vert. Pourtant, sur les étals d’Analakely, les marchands de pavillons tricolores broient du noir en attendant le grand rush de la mi-juin.
L’effervescence de l’« Asaramanitra » commence timidement à gagner la capitale. Entre les premiers lampions artisanaux suspendus et les chants patriotiques qui résonnent sur les ondes, l’ambiance de la fête nationale est bel et bien au rendez-vous. Mais du côté des marchands de rue, le cœur n’est pas encore totalement à la fête. La faute à un démarrage commercial particulièrement morose. « Les gens s’arrêtent, demandent les prix des drapeaux, mais n’achètent pas encore. Les portefeuilles sont serrés », confie Lalao, une vendeuse installée près de l’avenue de l’Indépendance. Cette année, l’inflation et la hausse du prix des matières premières ont légèrement fait grimper les tarifs. Les étals proposent pourtant une large gamme de dimensions pour s’adapter à toutes les bourses : le petit format (voiture/bureau) est proposé à partir de 3 000 ariary. Le format moyen (balcon) est disponible entre 5 000 et 10 000 ariary. Pour le grand format (bâtiment/toiture), les prix s’envolent de 15 000 à plus de 25 000 ariary, selon la qualité du tissu.
Patience
Pour le moment, les grossistes et détaillants prennent leur mal en patience. À Madagascar, la tradition de pavoiser les foyers reste sacrée, mais elle se plie aux exigences du calendrier budgétaire. Les vendeurs le savent bien : ce n’est qu’à l’approche de la mi-juin, coïncidant avec les premiers virements des salaires et l’imminence des festivités, que les stocks s’écouleront enfin. En attendant ce sursaut patriotique, l’emblème national attend sagement sur les trottoirs de s’envoler vers les foyers malgaches.
Narindra Rakotobe


