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dimanche, septembre 27, 2026
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Feux de forêts : Une perte économique de 450 millions USD chaque année

À Madagascar, des millions d’hectares de forêts brûlent chaque année, causant des centaines de millions de dollars de pertes économiques estimées. Le feu ne constitue plus seulement une menace environnementale, il touche l’agriculture, l’élevage, les ressources en eau, les territoires, la sécurité civile et le climat.

La facture dépasse les forêts

Selon les estimations disponibles, environ 6 millions d’hectares seraient touchés annuellement par les feux à Madagascar, dont près de 300 000 hectares de zones forestières, pour des pertes économiques pouvant atteindre 450 millions de dollars. L’ordre de grandeur révèle néanmoins l’enjeu, car le coût du feu dépasse largement la superficie brûlée. La destruction de la végétation fragilise les sols, accélère l’érosion, affecte les pâturages et compromet les services écosystémiques. Agriculture, élevage, ressources hydriques, biodiversité et tourisme subissent ainsi les conséquences d’incendies dont le coût apparaît rarement dans les comptes publics. Un hectare brûlé représente donc, potentiellement, une perte de capital naturel et productif.

Existants

Il conviendrait de noter que le pays dispose déjà de plusieurs instruments tels que le plan de contingence national sur les feux de brousse et de forêt, la stratégie nationale REDD+, les programmes de restauration des paysages et des forêts, les dispositifs de surveillance des aires protégées ou encore les objectifs de restauration de 4 millions d’hectares d’ici 2030. Ces initiatives restent toutefois confrontées à un défi majeur, celui de la fragmentation des réponses. Le feu demeure encore largement associé à la politique environnementale, alors qu’il concerne également l’agriculture, l’élevage, l’aménagement du territoire, la sécurité civile et le changement climatique. Les efforts nationaux tendant à prioriser la prévention via la surveillance satellitaire, la cartographie des zones à risque, les systèmes d’alerte, l’entretien des pare-feux, les brigades locales ainsi que les alternatives agricoles au brûlis devraient ainsi être renforcés.

Pistes

Combien l’État investit-il dans la prévention et combien dépense-t-il ensuite pour restaurer les territoires dégradés ? Ce sont désormais des questions que les pouvoirs publics et leurs partenaires devraient pouvoir documenter. Car, si les incendies représentent effectivement plusieurs centaines de millions de dollars de pertes, la prévention ne peut plus être considérée comme une dépense secondaire. Elle devient un investissement qui consiste à protéger le capital naturel et économique du pays. L’enjeu est donc de changer d’indicateur. Autrement dit, ne plus mesurer uniquement les hectares reboisés, mais aussi les hectares durablement protégés du feu.

José Belalahy

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