
Face aux drames successifs et meurtriers qui secouent la Grande île, les leaders chrétiens sortent de leur silence pour exiger des mesures transparentes, de la retenue et un dialogue national d’urgence.
Le climat socio-politique à Madagascar traverse une zone de fortes turbulences. Entre pertes en vies humaines, décès tragiques et disparitions suspectes, les drames à répétition de ces derniers temps ont plongé la population dans un désarroi profond. Face à cette détresse généralisée, les chefs de file du Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM) ont décidé de rompre le silence. Par un message fort, les quatre chefs d’Églises entendent fortifier les fidèles, prier pour la patrie et s’adresser directement à une nation meurtrie.
Dialogue inclusif
Devant la montée des tensions, le FFKM lance un appel pressant au peuple malgache pour qu’il fasse preuve de discernement, de calme et de retenue. « Que personne ne se tourne vers la violence physique, la calomnie, la vengeance personnelle ou encore la propagation rapide d’informations non vérifiées », martèle la déclaration des leaders œcuméniques. Pour l’institution, le salut face à la crise ne réside ni dans la colère ni dans la division. Seuls le dialogue inclusif, le respect mutuel et le précieux « Fihavanana malagasy » doivent guider les actions de chaque citoyen. Pour accompagner cet effort national d’apaisement, le FFKM exhorte toutes les paroisses de l’île à organiser des séances de prière spéciales dédiées aux victimes, aux sinistrés ainsi qu’à l’avenir de la patrie.
Justice équitable. « L’Église ne peut se taire lorsque la sacralité de la vie, don précieux de Dieu, est bafouée », déclarent avec gravité les hauts dignitaires ecclésiastiques. Pour ces derniers, la protection de l’existence, le respect scrupuleux de la dignité humaine, la quête de la vérité et l’application d’une justice équitable et impartiale demeurent les fondements inébranlables de la paix sociale. Ce sont ces mêmes valeurs cardinales qui permettront de restaurer la confiance mutuelle — aujourd’hui largement effritée — entre les dirigeants étatiques et les citoyens.
Devoir citoyen
À cet effet, la direction nationale du FFKM a structuré son message officiel autour de priorités claires. En premier lieu, l’institution condamne fermement toutes les formes de violence, de négligence, d’imprudence ou de comportements irresponsables ayant conduit à ces pertes humaines tragiques. La préservation de la vie humaine étant sacrée, elle doit être érigée en devoir citoyen absolu. Ensuite, les chefs d’Églises expriment leurs condoléances émues aux familles éplorées, tout en invitant la communauté chrétienne à manifester une solidarité active (spirituelle, morale et matérielle) envers les sinistrés.
Fonctions régaliennes
Enfin, le FFKM cible directement la gouvernance et la responsabilité publique. Le Conseil œcuménique exhorte solennellement les dirigeants et les autorités compétentes à assumer pleinement leurs fonctions régaliennes. L’institution exige que des mesures concrètes et rigoureuses soient prises dans la vérité historique, l’intégrité et une transparence totale, afin d’éviter définitivement la répétition de telles tragédies à l’avenir. Un message clair, qui attend désormais des actes concrets de la part des décideurs.
Julien R.






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