
Madagascar confirme son rôle actif dans le développement de la gouvernance internationale du secteur cacaoyer. Philippe Fontayne, vice-président du Conseil national du cacao, a été élu président du Conseil de l’ICCO (Organisation internationale du cacao) pour l’année cacaoyère 2026-2027.
Cette élection, qui a eu lieu à Abidjan durant la 114ᵉ réunion ordinaire du Conseil de l’Organisation internationale du cacao, intervient quelques semaines après la signature, le 27 août 2026 à Antananarivo, de l’Accord international sur le cacao de 2026.
Récompense
Une élection considérée comme une récompense du travail mené par Madagascar pour faire entendre la voix des pays producteurs et replacer les femmes et les hommes de la filière au cœur des décisions internationales. Elle traduit la confiance accordée au pays et confirme sa capacité à exercer un leadership dans la gouvernance mondiale du cacao. Cette responsabilité intervient dans un contexte particulièrement exigeant, marqué notamment par d’importantes fluctuations des cours internationaux, les impacts négatifs du changement climatique ainsi que le vieillissement des plantations. La filière cacao a également été marquée par les exigences croissantes en matière de qualité et de traçabilité, ainsi que par l’application du règlement européen contre la déforestation. Des évolutions qui ont directement affecté les revenus, la sécurité économique et l’avenir des producteurs.
Intérêt des producteurs
La Grande île a toujours été particulièrement active dans les initiatives mondiales de sauvegarde de la filière cacao, lors des différentes rencontres internationales, notamment à Bruxelles et au sein de l’ICCO. Et ce, dans l’objectif de défendre l’intérêt des producteurs dans un marché mouvementé. Une diplomatie économique qui a influé sur les décisions internationales, notamment pour améliorer les conditions de production, l’accès aux marchés et la rémunération des acteurs situés à la base de la chaîne de valeur. Cette élection découle également de la position privilégiée de Madagascar, seul pays au monde dont 100% des exportations de fèves sont reconnues comme cacao fin et aromatique. Une distinction qui repose sur la richesse des terroirs malagasy, mais surtout sur le savoir-faire des producteurs.
Plusieurs priorités
Pour l’administration et les professionnels de la filière cacao, cette reconnaissance internationale est appelée à devenir un outil de plus pour la valorisation du travail des familles productrices. La présidence malagasy de l’ICCO doit ainsi permettre de défendre plusieurs priorités : une meilleure rémunération des producteurs, le renouvellement des plantations, l’accès à du matériel végétal performant, l’adaptation au changement climatique, la traçabilité des parcelles et le développement de la transformation locale. Elle devra également favoriser la mobilisation de nouveaux partenariats, financements et investissements au bénéfice des territoires de production. L’élection de Philippe Fontayne représente ainsi une victoire collective pour le gouvernement, le ministère du Commerce et de la Consommation, le Conseil national du cacao et l’ensemble des producteurs, coopératives et opérateurs de la filière.
R.Edmond.


