- Publicité -
mercredi, septembre 2, 2026
- Publicité -
AccueilEconomieFilière vanille : Le rachat de stocks proposé par le gouvernement jugé...

Filière vanille : Le rachat de stocks proposé par le gouvernement jugé inefficace par les opérateurs

Il faut miser avant tout sur le maintien de la qualité de la vanille de Madagascar.

Le système de rachat de stocks proposé par le gouvernement de transition ne fait pas l’unanimité auprès des opérateurs de la filière vanille.

Le groupement des exportateurs de vanille de Madagascar, une structure qui regroupe la majorité des opérateurs de la vanille, estime que cette proposition des autorités n’est pas en mesure de résoudre le surstock enduré par la filière. D’autres opérateurs partagent la même position.

Source de corruption

On rappelle que le ministère du Commerce et de la Consommation, à travers l’Alliance de la Vanille Malgache (AVM), une structure nouvellement mise en place pour remplacer le Conseil National de la Vanille (CNV), a mis en place un projet de rachat de 600 tonnes de vanille préparée auprès de certains exportateurs. En contrepartie, les exportateurs éligibles, selon des critères qui ne sont pas encore définis, ont l’obligation d’acheter 3 000 tonnes de vanille verte. Et ce, à un prix de 5 000 ariary le kilo pour la variété courte et 10 000 ariary le kilo pour la variété longue, comme il a été fixé lors du dernier Conseil des ministres.

Une solution qui risque de ne pas porter les résultats escomptés, selon l’AVM. « Cette solution aura juste pour effet de transférer la propriété des stocks existants », estime ce groupement dont les membres connaissent bien l’histoire et l’évolution du marché international de la vanille.

Par ailleurs, ce système de rachat de stock pourrait constituer, selon des opérateurs, une source de corruption puisque l’enjeu représente plusieurs dizaines de millions de dollars. Ce d’autant plus que les fonds en question ne sont pas des taxes, mais sont issus de cotisations émanant des exportateurs du temps du CNV. « Les exportateurs qui avaient payé les 4 dollars par kilo de vanille exportée ont aussi leur mot à dire concernant l’utilisation de ces fonds », soutiennent des opérateurs.

Réformes concrètes et durables

Pour les opérateurs de la filière, les solutions sont ailleurs, mais non dans ce système inefficace de rachat de stocks : des solutions à moyen terme axées avant tout sur le maintien de la qualité de la vanille de Madagascar, et des réformes concrètes et durables. « Nous devons engager des actions pour convaincre les acheteurs internationaux à recourir davantage à la vanille naturelle », estiment les opérateurs.

Ces derniers soutiennent également que toute forme d’interventionnisme nuit toujours à la filière vanille de Madagascar. « L’essentiel est de faire jouer la libre concurrence, en mettant en place des mesures d’accompagnement pour éviter les abus ». Bref, contrairement aux autorités de la refondation qui ont promis, sans malheureusement y parvenir, une nette hausse des prix de la vanille, les opérateurs proposent des solutions plus efficaces et durables.

Quoi qu’il en soit, en attendant la solution miracle promise, en haut lieu, les prix de la vanille verte sont encore au plus bas sur les différents marchés du pays. Et l’offre encore plus importante attendue avec l’ouverture annoncée des campagnes dans plusieurs régions n’est pas pour faciliter la situation. L’or noir de Madagascar, qui s’achète pour le moment au prix du haricot vert, risque encore de broyer du… noir.

R.Edmond.

- Publicité -
- Publicité -
- Publicité -
Suivez nous
419,278FansJ'aime
14,461SuiveursSuivre
5,417SuiveursSuivre
1,920AbonnésS'abonner
Articles qui pourraient vous intéresser

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici