
Retour au marché dirigé. Le gouvernement a décidé de fixer un prix minimum pour la vanille verte, à savoir : 5 000 ariary pour les variétés courtes et 10 000 ariary pour les variétés longues.
Théoriquement, cette mesure interventionniste, décidée en Conseil des ministres mercredi dernier, est appelée à résoudre, du moins momentanément, les problèmes de chute des revenus des paysans producteurs.
Déséquilibre du marché
En effet, même si ce ne sont pas encore des prix convenables pour les paysans, les 5 000 ariary et 10 000 ariary permettront à ces derniers de souffler un peu. Il y a encore quelques semaines, leur production s’achetait entre 1 000 ariary et 2 500 ariary le kilo dans certaines zones de production. Une mesure qui vise à protéger les producteurs contre une chute brutale de leurs revenus. A priori, il s’agit d’une solution louable visant à protéger les intérêts des planteurs. Des questions se posent cependant sur la réelle efficacité de cette mesure, et ce pour la bonne et simple raison que la faiblesse actuelle des prix ne résulte pas uniquement d’un dysfonctionnement du marché national. Elle est avant tout la conséquence d’un déséquilibre sur le marché international. Depuis plusieurs années, les stocks de vanille se sont accumulés aussi bien à Madagascar que chez les acheteurs étrangers. Dans le même temps, la demande mondiale s’est contractée, notamment après les prix exceptionnellement élevés enregistrés entre 2017 et 2019, qui ont conduit de nombreux industriels à réduire leur consommation de vanille naturelle ou à se tourner vers des produits de substitution.
Marché international
Pour certains opérateurs de la filière, la solution la plus efficace serait d’agir directement au niveau du marché international, et ce en maintenant, voire en améliorant, la qualité de la vanille de Madagascar, tout en pratiquant un prix compétitif par rapport aux pays concurrents. Bref, les autorités, en collaboration avec les acteurs de la filière, doivent trouver des solutions pour convaincre les industriels internationaux d’augmenter leurs achats de vanille malgache. Des opérateurs estiment par ailleurs que la mise en pratique de l’utilisation des 4 dollars par litre de vanille collectée par l’ancien Conseil national de la vanille, rebaptisé Alliance de la vanille de Madagascar (AVM), pourrait ne pas être efficace sur la durée. En effet, cette solution ne pourrait résorber qu’environ 600 tonnes de stocks sur les plus de 3 000 tonnes restantes sur le marché. Une solution « tiptop » qui pourrait par ailleurs être une source de corruption. « L’État doit faire preuve de transparence dans l’utilisation de ce fonds », soutiennent les opérateurs.
R.Edmond




