« Mon nouveau film « Mamody, the last baobab digger » est fin prêt. Je viens juste de l’inscrire à quelques festivals. Pour pouvoir le partager avec un public plus large, nous travaillons sur une version espagnole. Affaire à suivre », c’est ce qu’il a posté sur son compte Facebook, hier.
Scientifique, naturaliste, photographe mais aussi documentariste, il mène des recherches sur les baobabs de Madagascar depuis dix ans. Auteur de nombreuses publications sur le sujet, Cyrille Cornu organise chaque année des expéditions au cœur des forêts les plus reculées de Madagascar pour y étudier les géants. L’île est une source d’inspiration unique. La nature, les lumières, les rencontres et les paysages sont exceptionnels. Dès son arrivée à Antananarivo en 2010, le scientifique n’a cessé de sillonner le territoire malgache pour saisir des images avec son appareil photo et sa caméra. Sorti en 2015, son premier film intitulé « Baobabs entre terre et mer » a été sélectionné par une centaine de festivals dans plus de 70 pays. Fort de ce succès, il quitte la recherche pour se consacrer à la réalisation de films documentaires. Parallèlement, il travaille sur des reportages photographiques et des livres. « Je réalise actuellement une série documentaire composée de trois films de 52 minutes sur le thème des baobabs de Madagascar. Les séances de tournage se sont déroulées entre janvier 2017 et août 2020 » a-t-il ajouté.
« Mamody, le dernier chercheur de baobabs » est le premier film de la série. Les deux autres sont en production. L’objectif est avant tout de faire découvrir au grand public ce patrimoine naturel malgache unique au monde que représentent les baobabs. Les géants restent encore mal connus et surtout méritent que l’on s’intéresse plus à eux car ils sont menacés par la déforestation et le changement climatique. À travers les films, le réalisateur souhaite sensibiliser les spectateurs sur les enjeux qui ont trait aux baobabs à Madagascar. Avec ce premier film sur les creuseurs de baobabs du Sud de l’île, Cornu invite le public à découvrir une pratique unique au monde qui consiste à utiliser les géants comme des citernes vivantes en les creusant. « Ce qui est merveilleux avec ce film c’est que j’ai eu la chance de côtoyer des femmes et des hommes extraordinaires qui vivent au quotidien au contact de la nature et dont l’existence est connectée continuellement à la réalité. Leur simplicité mais aussi leur capacité à exister de cette manière est une véritable leçon de vie ». Finalement, ce film, même s’il parle de baobabs et de nature, délivre avant tout un message qui invite à se poser des questions sur notre façon de vivre dans le confort. Les habitants d’Ampotaka, sur le plateau Mahafaly, n’ont que l’eau des baobabs pour survivre pendant plusieurs mois, une eau que peu d’entre nous boirait, et ils en sont très heureux.
Recueillis par Iss Heridiny




