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mardi, septembre 8, 2026
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Finance durable : Madagascar prépare sa première taxonomie verte

Les investissements dans les énergies renouvelables figurent parmi les activités pouvant bénéficier du nouveau cadre de classification de la finance verte à Madagascar.

Madagascar avance vers la mise en place d’un cadre national permettant de distinguer clairement les investissements réellement « verts ». Une première version de la Taxonomie verte de Madagascar est actuellement soumise à consultation publique.

Le projet est porté par un comité technique réunissant Banky Foiben’i Madagasikara (BFM), le ministère de l’Économie et des Finances (MEF) et le ministère de l’Environnement et du Développement durable. L’objectif est avant tout financier, autant qu’environnemental. La taxonomie doit, selon ses promoteurs, constituer un langage commun permettant aux banques, aux investisseurs, aux entreprises et aux pouvoirs publics de déterminer quelles activités économiques peuvent effectivement être qualifiées de vertes. Le dispositif vise ainsi à développer le marché malgache de la finance durable, à faciliter la mobilisation de financements et à orienter davantage de capitaux vers la résilience climatique, la préservation du capital naturel et le développement durable. Il doit également contribuer à réduire le risque de « greenwashing », ou écoblanchiment.

Objectifs environnementaux

Six grands objectifs servent de référence : l’atténuation et l’adaptation au changement climatique, l’utilisation durable et la protection des ressources en eau et marines, l’économie circulaire, la prévention et la maîtrise de la pollution, ainsi que la protection et la restauration de la biodiversité et des écosystèmes. Concrètement, une activité ne pourra pas être considérée comme verte sur la seule base de son appellation. Elle devra apporter une contribution substantielle à au moins un objectif environnemental, respecter le principe « Do No Significant Harm », c’est-à-dire ne pas causer de préjudice significatif aux autres objectifs, et satisfaire aux garanties sociales minimales. Le projet couvre un large éventail d’activités. Le document en recense 108, touchant notamment l’agriculture, l’énergie, les activités de fabrication, les transports, le bâtiment, l’eau et l’assainissement, le tourisme, la gestion des risques de catastrophe ou encore certains mécanismes de finance verte et bleue. Dans l’énergie, par exemple, figurent le solaire photovoltaïque, l’éolien, l’hydroélectricité, le stockage électrique et les solutions de cuisson propre.

Mobiliser les capitaux

La taxonomie s’adressera principalement aux banques, aux institutions de microfinance, aux investisseurs, aux assureurs, aux entreprises et aux autorités publiques. Elle pourra notamment servir à structurer les prêts verts, à labelliser des instruments financiers durables, à analyser des portefeuilles ou à assurer le suivi des financements verts. Son utilisation restera toutefois volontaire dans cette première phase. L’approche se veut par ailleurs progressive. Des activités encore imparfaitement alignées pourront être reconnues comme activités de transition si elles démontrent une trajectoire crédible, mesurable et vérifiable d’amélioration environnementale. Pour Madagascar, fortement exposé aux cyclones, aux sécheresses, aux inondations et à d’autres effets du changement climatique, l’enjeu est désormais de faire de cette classification un outil capable de rassurer les investisseurs et d’attirer davantage de capitaux vers des projets réellement durables.

Antsa R.

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