
Une délégation de la BADEA est à Antananarivo pour évaluer la deuxième phase de l’aménagement de la RN5 entre Vahibe et Mananara-Nord. Reçue hier par le ministre de l’Économie et des Finances, elle a indiqué que l’institution envisage une contribution de 40 millions USD.
Entre Vahibe et Mananara-Nord, la réfection de la RN5 s’impose comme un impératif, au-delà de son aspect de chantier routier. Cette route doit contribuer à ouvrir davantage le Nord-Est de Madagascar aux échanges, aux marchés et aux investissements. C’est autour de cet enjeu que se sont articulés, hier, les échanges entre le ministre de l’Économie et des Finances, le Dr Herinjatovo Aimé Ramiarison, et une délégation de la BADEA (Banque arabe pour le développement économique en Afrique), en mission à Madagascar. La visite intervient au moment où le projet entre dans une phase décisive. La BADEA a en effet annoncé une contribution envisagée de 40 millions USD au financement du deuxième tronçon de la RN5, entre Vahibe et Mananara-Nord. La mission d’évaluation, prévue du 17 au 20 août, doit approfondir les composantes techniques, économiques, financières et institutionnelles du projet avant la finalisation des prochaines étapes.
Projet structurant
Le coût actualisé de cette deuxième phase est évalué à 147,389 millions USD. Plusieurs partenaires arabes sont sollicités pour son financement, notamment la BADEA, le Fonds saoudien de développement, l’OFID, le Fonds koweïtien et le Fonds d’Abu Dhabi. Trois d’entre eux ont, à ce stade, manifesté leur intérêt, dont la BADEA pour 40 millions USD. Pour le gouvernement malgache, la RN5 constitue un axe stratégique de désenclavement. La première phase, reliant Soanierana-Ivongo à Vahibe, bénéficie déjà d’un financement de la BADEA à hauteur de 10 millions USD. L’institution participe également à d’autres infrastructures majeures, dont le pont sur le Mangoky, avec 20 millions USD, ainsi qu’aux projets de fly-over d’Anosizato et du rond-point Maki.
Partenariat élargi
Les discussions dépassent toutefois le seul secteur routier. Madagascar a également présenté à la BADEA plusieurs projets prioritaires touchant l’agriculture, l’énergie et les grandes infrastructures. Figurent notamment le projet GRACIR, destiné à renforcer la résilience agricole, le projet hydroélectrique Volobe et l’autoroute Antananarivo–Toamasina. Sur ce dernier dossier, un don de 1,484 million USD a déjà été signé en juillet pour financer une étude de faisabilité intégrée. La rencontre d’hier traduit ainsi la volonté des deux parties d’accélérer la transformation des financements en projets concrets. Pour Madagascar, l’enjeu est désormais de faire de cette coopération un levier directement perceptible sur la mobilité, l’activité économique et le développement des territoires.
Antsa R.




