
En marge des réunions de printemps des institutions de Bretton Woods à Washington DC, Madagascar a poursuivi ses échanges avec ses partenaires financiers en mettant l’accent sur les réformes fiscales et budgétaires.
Une rencontre avec les représentants du Fiscal Affairs Department (FAD) du Fonds monétaire international a été effectuée par la délégation malgache, conduite par le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Herinjatovo Ramiarison, en marge des Spring Meetings à Washington DC. Les priorités d’accompagnement technique de la Grande Île ont été au cœur des discussions. Les parties ont abordé la faiblesse de la pression fiscale à Madagascar. Selon le ministre, cette situation reste étroitement liée à la fraude fiscale et à la corruption, deux facteurs qui continuent de freiner la mobilisation des recettes publiques. Le gouvernement affirme avoir déjà engagé des efforts pour combattre ces pratiques, mais estime que l’appui technique du FMI demeure essentiel pour accélérer et consolider cette dynamique.
Transformation
La digitalisation de l’administration fiscale a occupé une place importante dans les discussions. Les autorités malgaches souhaitent moderniser davantage les outils de contrôle et de recouvrement, tout en améliorant la traçabilité des opérations. L’intégration de solutions innovantes, y compris l’intelligence artificielle, a été évoquée comme une piste à développer afin de renforcer la détection des irrégularités et d’accroître l’efficacité de l’action fiscale. Autre sujet sensible abordé lors de cette rencontre, le régime des zones franches. Le ministre a rappelé que ce dispositif a été conçu pour soutenir les activités orientées vers l’exportation. Or certaines entreprises en profiteraient pour bénéficier d’exonérations fiscales jugées non justifiées. Une meilleure maîtrise de ce régime figure ainsi parmi les priorités mises en avant par la partie malgache.
Actions prioritaires
De leur côté, les représentants du Fiscal Affairs Department ont indiqué que leurs actions se concentreront, l’année prochaine, sur trois axes majeurs : l’amélioration de la gouvernance, notamment dans la gestion des ressources humaines, la fiscalité des grandes entreprises et la digitalisation. Les deux parties ont convenu de poursuivre leurs efforts conjoints sur ces volets stratégiques. Madagascar a également exprimé le besoin d’une assistance technique sur la rationalisation des dépenses, qu’il s’agisse des investissements publics ou des dépenses fiscales. Pour les autorités, ces dépenses devront être mieux ciblées, justifiées et orientées vers des impacts concrets, dans la perspective du Plan de relance économique en préparation. À travers cette rencontre, le pays entend ainsi renforcer les bases d’une gouvernance budgétaire plus crédible et d’une relance durable.
Antsa R.




