
À Madagascar, la dégradation des forêts ne menace pas seulement la biodiversité. Elle pourrait aussi favoriser l’émergence de maladies infectieuses. Une étude récente, relayée par Gavi, met en lumière les liens étroits entre environnement et santé, appelant à repenser les priorités nationales.
La pression croissante sur les forêts malgaches soulève une inquiétude nouvelle, celle d’un impact direct sur la santé humaine. Selon une analyse publiée par la plateforme scientifique VaccinesWork de Gavi, s’appuyant sur une étude menée à Madagascar, la transformation des écosystèmes forestiers modifie profondément les équilibres naturels, avec des conséquences encore sous-estimées (Gavi, 2026). Dans les zones de forêts intactes, les chercheurs ont observé une forte présence de rongeurs endémiques. En revanche, dans les forêts dégradées, ces espèces disparaissent progressivement au profit du rat noir, une espèce invasive étroitement liée aux activités humaines. Or, ces animaux sont reconnus comme des réservoirs potentiels d’agents pathogènes transmissibles à l’homme. Ce constat met en évidence une réalité : la perturbation de leurs habitats naturels. Il souligne également que les activités humaines favorisent indirectement des conditions propices à l’apparition de maladies. Cette approche s’inscrit dans le concept « One Health », qui souligne l’interdépendance entre la santé des écosystèmes, des animaux et des populations humaines.
Protection
Outre leur richesse écologique, les forêts jouent un rôle de régulation sanitaire. Une biodiversité élevée contribue à limiter la propagation des maladies en stabilisant les interactions entre espèces. À l’inverse, des milieux dégradés favorisent la prolifération d’espèces opportunistes, souvent vectrices de maladies. Toutefois, les chercheurs appellent à la prudence. Si les données montrent une évolution des risques, le lien direct avec une augmentation des infections humaines reste à approfondir. D’autres facteurs, notamment socio-économiques, influencent également la situation sanitaire. Dans un contexte marqué par des défis environnementaux majeurs, cette étude rappelle l’importance stratégique de la conservation des forêts.
José Belalahy



