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vendredi, septembre 11, 2026
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Freedom House : Madagascar parmi les plus fortes chutes mondiales des libertés en 2025

Une image qui a marqué une fois de plus l’image du pays sur le plan international.

Madagascar figure désormais dans le cercle très fermé des pays ayant connu la plus forte dégradation des libertés politiques et civiles dans le monde.

Madagascar fait désormais partie des rares pays ayant enregistré les reculs les plus marqués en matière de libertés politiques et civiles à l’échelle mondiale. C’est le constat sévère dressé par le rapport « Freedom in the World 2026 : The Growing Shadow of Autocracy » publié par l’organisation américaine Freedom House. Le pays partage avec le Salvador la troisième plus importante chute annuelle enregistrée en 2025, avec une perte de cinq points dans l’indice mondial des libertés. Le rapport décrit une planète où la démocratie continue de reculer pour la vingtième année consécutive.

Sur 195 pays étudiés par Freedom House, 54 ont vu leurs droits politiques et libertés civiles se détériorer, contre seulement 35 ayant enregistré des progrès. Mais pour Madagascar, le diagnostic est encore plus inquiétant, aux yeux de cette organisation américaine. La Grande île est directement citée parmi les symboles africains de la montée de l’autoritarisme et des ruptures institutionnelles. Selon Freedom House, le renversement du gouvernement élu à Madagascar par des officiers militaires, en octobre 2025, a contribué à faire grimper à neuf le nombre de pays africains ayant connu un coup d’État depuis 2019. Une évolution qui traduit, selon l’organisation, l’effondrement progressif des garde-fous démocratiques sur le continent.

Le rapport place Madagascar dans le Top 5 mondial des plus fortes régressions des libertés en 2025, aux côtés de la Guinée-Bissau, de la Tanzanie, du Burkina Faso et du Salvador. Une présence qui marque une rupture brutale pour la Grande Île, longtemps considérée comme un pays politiquement instable, mais encore doté d’espaces d’expression relativement ouverts. Freedom House insiste particulièrement sur les méthodes utilisées par plusieurs régimes ou pouvoirs en place pour étouffer les contestations pacifiques, verrouiller les institutions ou modifier les règles constitutionnelles à leur avantage. Dans le cas malgache, le coup de force militaire d’octobre 2025 est présenté comme l’un des événements majeurs ayant accéléré le recul des libertés sur le continent africain.

Protestation contre la corruption

Au-delà des chiffres, le rapport met également en lumière une bombe sociale qui couve à Madagascar. L’organisation évoque explicitement les mouvements de protestation contre la corruption et le chômage des jeunes observés dans le pays en septembre et octobre 2025. Ces mobilisations, comparées à celles du Maroc ou du Kenya, illustrent, selon les analystes de Freedom House, un profond décalage entre une jeunesse en quête d’avenir et des systèmes politiques incapables de répondre aux attentes sociales et démocratiques. Ce qui a conduit au départ précipité d’Andry Rajoelina. Le document de Freedom House souligne que cette fracture générationnelle pourrait provoquer de nouvelles vagues de contestation dans les années à venir. Dans un pays frappé par les difficultés économiques, la précarité et la défiance envers les institutions, cette analyse résonne comme un avertissement.

Le rapport « Freedom in the World » 2026 repose sur une méthodologie fondée sur la Déclaration universelle des droits de l’homme. Chaque pays est évalué sur 25 indicateurs couvrant les droits politiques et les libertés civiles, avec un score global sur 100 permettant de classer les États comme « libres », « partiellement libres » ou « non libres ». Pendant que certains pays comme la Bolivie, les Fidji ou le Malawi ont amélioré leur statut grâce à des élections compétitives et au renforcement de l’État de droit, Madagascar apparaît désormais dans la catégorie des États où les institutions démocratiques se fragilisent sous la pression des crises politiques et sécuritaires. Pour la Grande Île, le signal envoyé par Freedom House peut exposer le pays à des risques de perte de crédibilité du gouvernement en place. Au-delà de l’image internationale du pays, ce classement risque d’alimenter davantage les interrogations sur la gouvernance, la stabilité institutionnelle et la capacité des autorités à restaurer la confiance démocratique.

Rija R.

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