- Publicité -
mercredi, octobre 21, 2026
- Publicité -
AccueilCultureFulgence Razafitsimaito, chef du fokontany d’Iavomanitra : « Je leur souhaite avant tout...

Fulgence Razafitsimaito, chef du fokontany d’Iavomanitra : « Je leur souhaite avant tout d’avoir conscience des valeurs »

Fulgence Razafitsimaito, le président en exercice du « fokontany » d’Iavomanitra dans le district de Fandriana. (crédit photo : Malaza sy Maresaka)

Toujours en fonction et l’esprit vif, Fulgence Razafitsimaito dirige le fokontany d’Iavomanitra, dans la commune de Sandradahy, district de Fandriana, depuis 43 ans. Il porte un regard empreint de sagesse et d’expérience sur l’évolution de la société malgache, avec une vision de la vieille école qui reste étonnamment d’actualité.

Midi Madagasikara : Pouvez-vous nous rappeler la date à laquelle vous avez pris vos fonctions ?

Fulgence Razafitsimaito : J’ai commencé à exercer en 1983. Je me souviens avoir été élu, mais j’avoue avoir complètement oublié le mois exact.

M.M. : Combien gagniez-vous en tant que chef de fokontany ?

F.R. : À l’époque, mon salaire était de 400 ariary.

M.M. : Qu’est-ce qui vous a poussé à vous présenter aux élections dans votre village ?

F.R. : L’amour de la patrie. Notre oncle était chef de village, à l’époque où existait encore la chefferie de village. Par la suite, il nous a transmis ses responsabilités. Mais ce n’était pas véritablement un pouvoir. Il a tout de même fallu passer par une élection. Je me suis présenté sous la bannière de l’Udecma-Kmtp (Union des démocrates chrétiens de Madagascar), un parti politique auquel appartenait également Solo Norbert Randriamorasata.

M.M. : Il y avait donc déjà des campagnes électorales, des partis politiques et tout ce qui va avec…

F.R. : Oui, il y avait des campagnes électorales. J’avais annoncé que mon objectif était de développer le fokontany, tout en tenant compte des difficultés rencontrées par les habitants. À cette époque déjà, la population connaissait des conditions de vie difficiles. Rien que dans le domaine de l’éducation, le retard était considérable.

M.M. : Qu’est-ce qui vous a le plus marqué au cours de ces quatre décennies à la tête du fokontany ?

F.R. : Au cours de ces quarante années, un barrage a été construit dans notre fokontany, ainsi qu’une école primaire publique et un collège d’enseignement général. J’ai également vu se succéder tous les présidents depuis Ratsiraka. Nous sommes tous témoins de l’histoire de notre pays, mais force est de constater qu’il semble s’appauvrir de jour en jour. L’insécurité s’est aggravée et, aujourd’hui, les gens n’ont plus le même respect pour l’État. Autrefois, la vie était plus paisible, car les Malgaches étaient encore attachés à certaines valeurs. Aujourd’hui, les choses sont devenues compliquées. Même des personnes issues d’un même village, voire d’une même famille, en viennent à s’entredéchirer. C’est une réalité que je ressens profondément.

M.M. : Quel message adresseriez-vous aux jeunes qui souhaitent apporter leur pierre à l’édifice et mettre leurs compétences au service de leur village ou de leur quartier ?

F.R. : Aux jeunes qui souhaitent prendre des responsabilités au sein de leur fokontany, je conseillerais avant tout de prendre conscience de l’importance des valeurs, indispensables pour préserver la paix sociale. Mais, comme on dit, il est facile d’en parler, beaucoup moins de les mettre en pratique. Et, par-dessus tout, il faut avoir le sens du patriotisme. Si vous n’aimez pas votre pays, pourquoi vouloir vous engager ? Serait-ce uniquement pour servir vos propres intérêts, par égoïsme ?

Recueillis par Maminirina Rado

- Publicité -
- Publicité -
Suivez nous
502,213FansJ'aime
22,466SuiveursSuivre
8,516SuiveursSuivre
2,891AbonnésS'abonner
Articles qui pourraient vous intéresser

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici