
La Grande île franchit une nouvelle étape dans la lutte contre le changement climatique. En ratifiant, le 10 août 2026, l’Amendement de Kigali au Protocole de Montréal, le pays s’engage à réduire progressivement sa consommation et sa production d’hydrofluorocarbures (HFC), avec un objectif de réduction de plus de 80% à l’horizon 2045.
Une décision qui dépasse largement le cadre environnemental
Madagascar devient ainsi le dernier pays à rejoindre les 172 autres Parties ayant ratifié, accepté ou approuvé l’Amendement de Kigali. Adopté en 2016, cet accord vise à « réduire l’utilisation des HFC, des gaz largement employés dans la climatisation et la réfrigération. » Contrairement aux substances qui dégradent directement la couche d’ozone, les gaz HFC sont surtout préoccupants pour leur très fort potentiel de réchauffement climatique. Pour Madagascar, l’enjeu est désormais de transformer l’engagement international en mesures concrètes. La réduction progressive des HFC impliquera, en effet, une évolution des équipements de réfrigération, de climatisation et de la chaîne du froid, ainsi qu’une adaptation des pratiques des importateurs et des techniciens.
A organiser
La ratification ouvre surtout un chantier réglementaire, technique et financier. Le pays devra renforcer le contrôle des fluides frigorigènes, accompagner la modernisation des équipements et former les professionnels à l’utilisation d’alternatives moins nocives pour le climat. Cette transition représente, certes, un coût pour les entreprises et les consommateurs, mais également une opportunité de moderniser le secteur du froid et d’améliorer son efficacité énergétique. L’accès aux mécanismes internationaux de financement prévus dans le cadre du Protocole de Montréal constituera toutefois un facteur déterminant. La ratification marque ainsi moins l’aboutissement que le début d’un processus. Le véritable défi sera désormais de passer de l’engagement diplomatique à une réduction effective des HFC sur le terrain.
José Belalahy




