
Un an après le déclenchement du mouvement qui a précipité la chute du régime d’Andry Rajoelina, les initiateurs du « Gen Z » veulent marquer le premier anniversaire de leur mobilisation.
Un conclave est en préparation, tandis qu’une consultation en ligne est menée par « Gen Z Madagasikara ». Une manière, aussi, de mesurer le chemin parcouru depuis le jeudi 25 septembre 2025, date qui a marqué le début d’une séquence appelée à bouleverser l’histoire politique récente du pays. Il y a presque un an, tout est parti de l’exaspération. Le 25 septembre 2025, les premières mobilisations du mouvement baptisé « Gen Z » prennent naissance sur fond de coupures interminables d’électricité et d’eau dans les grandes villes. Au départ, la revendication est essentiellement sociale. L’électricité manque. L’eau manque. La colère, elle, ne manque pas. Mais dans la rue, le mouvement va rapidement changer de dimension. Après plusieurs semaines de mobilisation, la contestation dépasse le seul cadre des délestages et des pénuries d’eau.
Dans la capitale, la jeunesse est rejointe par une partie importante de la population. Le mouvement prend de l’ampleur, tandis que la réponse des autorités se durcit. Les forces de sécurité interviennent pour tenter de contenir la mobilisation. La confrontation s’installe. Puis vient octobre 2025. Et avec lui, le basculement. La prise de position d’une faction de l’armée issue du Capsat, dirigée par le colonel Michael Randrianirina, donne une tout autre portée à la crise. En quelques jours, le rapport de force politique est renversé. Le régime d’Andry Rajoelina s’effondre. L’ancien président a quitté le pays le 12 octobre 2025, dans un contexte de crise politique aiguë. Le 14 octobre, un nouveau pouvoir dirigé par les militaires est installé, avec l’intervention de la Haute Cour constitutionnelle. Une nouvelle page de l’histoire politique malgache s’ouvre et les promesses de « refondation » fusent.
Conclave
Paradoxalement, la chute du régime n’a pas signifié la fin du « Gen Z ». Les jeunes qui avaient contribué à faire émerger le mouvement sortent progressivement de l’ombre. Certains choisissent de rejoindre les nouvelles structures du pouvoir. D’autres prennent leurs distances, préférant conserver leur liberté de parole et leur position critique. Le mouvement, lui, cherche désormais à se définir autrement. De la rue aux institutions, le passage n’est ni automatique ni sans contradictions. C’est dans cette nouvelle configuration que se prépare la commémoration du premier anniversaire du 25 septembre 2025. « Gen Z Madagasikara » travaille actuellement à l’organisation d’un conclave destiné à marquer cette date symbolique.
En amont, une consultation en ligne est menée depuis quelques jours afin de recueillir les avis et les propositions autour de cette rencontre. Un an après, le mouvement veut donc regarder dans le rétroviseur. Mais pas seulement. Car derrière la commémoration d’une journée fondatrice se profile une interrogation plus lourde : que reste-t-il du souffle du 25 septembre 2025 dans le nouveau Madagascar issu de la crise d’octobre ? Le premier anniversaire pourrait ainsi être moins une cérémonie de mémoire qu’un moment de clarification. Entre ceux qui ont rejoint le pouvoir et ceux qui ont choisi de rester à distance, entre l’élan de la rue et les exigences du pouvoir, le « Gen Z » est désormais confronté à sa propre histoire. Une histoire qui, en moins d’un mois, avait fait passer une colère contre les coupures d’eau et d’électricité à une crise politique majeure. Et qui, près d’un an plus tard, cherche encore à savoir ce qu’elle veut devenir.
Rija R.




