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mercredi, septembre 2, 2026
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Général Richard Ravalomanana : L’ex-Président du Sénat condamné à dix ans de travaux forcés

Le procès de l’ancien Secrétaire d’Etat à la Gendarmerie s’est déroulé hier à la Cour criminelle ordinaire d’Anosy.

Coup de tonnerre hier du côté du tribunal d’Anosy. En effet, à l’issue d’un procès très tendu qui avait duré près de six heures, l’ancien Président du Sénat, le Général Richard Ravalomanana a été condamné à 10 ans de travaux forcés. Complicité de meurtres, coups et blessures volontaires, et tentative de meurtres. Ce sont les chefs d’inculpation qui ont été retenus contre l’ancien numéro Deux du régime Rajoelina. Des accusations très graves liées notamment aux évènements politiques de septembre – octobre 2025, mais dont le Général à la retraite a rejeté en bloc durant le procès d’hier. Un autre dossier relatif à une accusation de menace de mort n’a cependant pas été retenu. Les juges ont confirmé que le dossier est déjà prescrit. Les faits commis en 2019 auraient engendrés une menace proférée à l’encontre d’un ancien haut responsable de la Société SIRAMA à Brickaville, mais la victime n’a déposé plainte qu’en 2023.

Circonstances atténuantes

En revanche, par rapport aux autres accusations, le Général Baomba est accusé d’avoir donné des instructions aux éléments des Forces de l’ordre pour inciter ces derniers à perpétrer des violences contre les manifestants de la GEN Z. Pour sa défense, l’intéressé a expliqué devant la Cour que donner des ordres aux Forces armées qui font leur travail sur le terrain ne relève pas de ses fonctions en tant que Chef d’Institution. Durant cette audience qui s’est déroulée devant la Cour criminelle ordinaire d’Antananarivo, des gendarmes et un Contrôleur Général de Police qui a assumé un poste à haute responsabilité au sein du Ministère de la Sécurité Publique du temps de l’ancien régime, ont témoigné en faveur de l’ancien Président du Sénat. Ayant pris en considération l’âge de ce dernier, ainsi que le fait qu’il ne fait l’objet d’aucun précédent judiciaire, la Cour a retenu des circonstances atténuantes. Le Général Richard Ravalomanana pourrait ainsi bénéficier d’une remise de peine. A la sortie de l’audience, l’avocat de ce dernier a fait savoir que la défense entend déposer un recours en appel.

Règlement de compte

Pour le moment donc, le Général à la retraite Richard Ravalomanana est le premier proche collaborateur de l’ancien Président Andry Rajoelina frappé d’une condamnation définitive. Quid alors du sort des autres figures du régime « Volomboasary » qui croupissent en prison depuis 7 mois sans avoir été jugé ? Pour ne citer que le cas des Marie Michelle Sahondrarimalala, Rinah Rakotomanga, Vyvato Rakotovao, Valéry Ramonjavelo, Paul Rabary, Yves Maurice Rakotoniaina et consorts. Leurs incarcérations sont qualifiées de règlement de compte politique par bon nombre d’observateurs. En tout cas, cette condamnation du Général Baomba survient pile au moment où la Présidence de la Refondation de la République de Madagascar organise au Palais d’Etat d’Iavoloha des consultations des partis politiques et groupements politiques dans le cadre du processus de résolution de crise.

Tension politique

Pour rappel : le Général Richard Ravalomanana a été destitué de sa fonction de Président du Sénat le 12 octobre 2025 à l’époque où la tension politique était à son comble après le renversement du régime Rajoelina suivi de la prise de pouvoir du Colonel Michaël Randrianirina en tant que Président de la Refondation. Il a ensuite été arrêté dans son domicile à Ambatovinaky le 27 décembre après un long moment de bras de fer avec les autorités judiciaires et des menaces d’attaques de son domicile par les Forces de l’ordre. A l’issue de son déferrement le 19 janvier 2026, l’Officier Général a été placé en détention provisoire à la prison d’Imerintsiatosika. A noter cependant que durant l’audience d’hier, il s’est apparu en bon état de santé et n’a présenté, ou du moins n’a laissé apparaitre aucun signe de faiblesse ni physiquement ni psychologiquement. Si aucun accord politique n’est trouvé dans le cadre de la mise en œuvre des recommandations de la SADC, le Gal Baomba risque quant à lui de purger une peine dont la durée est l’équivalent de deux mandats présidentiels. 

Davis R

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