
La pandémie de Covid-19 est une préoccupation nationale. Plus d’implications des scientifiques dans la gestion pandémique est recommandée par la Cour des comptes.
L’académie de médecine de Madagascar a recommandé l’utilisation des vaccins dans la stratégie nationale de lutte contre la Covid-19. Mais les matières grises en matière médicale et éminents spécialistes, débarquent très tard dans le dispositif mis en place par l’Etat pour lutter contre cette pandémie. Pourtant, il faut « renforcer l’implication des instances scientifiques médicales telles que l’ANAMEM dans la lutte contre les pandémies », recommande la Cour des comptes qui a mené pendant plusieurs mois un audit organisationnel de la gestion de la pandémie dans le pays. Sous d’autres cieux, les scientifiques sont hissés au premier plan pour élaborer la stratégie contre la propagation de la Covid-19. Dans le pays, ils sont mis sur la touche et se font discrets.
Politique. Les juges de la Cour des comptes ont passé au peigne fin la gestion de la pandémie durant la forte période de propagation du virus dans le pays, en 2020. Les résultats de cet audit sont sans appel. La rigueur dans la planification a beaucoup handicapé la lutte contre la propagation de la Covid-19. « Les plans de soutien, les plans de continuité des activités ainsi que les plans d’urgence pour chaque ministère sectoriel ont fait défaut », a affirmé la Cour des comptes dans son rapport. Aussi, « aucun texte ne prévoit de plan de relance » poursuivent les juges. Pourtant, selon toujours ces derniers, « ces plans permettent de déterminer les rôles et responsabilités des différents intervenants, les procédures d’intervention, les cibles, les indicateurs ainsi que la budgétisation des activités conformément aux pratiques et définitions au niveau international ». Et « leur indisponibilité présente un risque inévitable de pilotage à vue des activités et une prise des mesures sur base de paramètres uniquement politiques » poursuivent-ils.
CCO. La création du centre de commandement opérationnel (CCO) a également été évoquée par la Cour des comptes. Cette structure a aussi impacté l’organisation déjà établie au niveau du ministère de la Santé publique et supplante les attributions de ce département, selon la Cour. « L’Etat a créé de nouvelles structures suivies de transfert de compétences, notamment le Centre de commandement opérationnel CCO, qui suspend toutes les préparations sanitaires pilotées par le ministère de la Santé publique. En effet, toutes les ressources pour la mise en œuvre des divers plans développés ont été délocalisées au profit de ce centre qui est imprévu dans le plan de préparation et de riposte », lit-on dans le rapport. « Le CCO a aussi cumulé les attributions stratégiques et opérationnelles assurées par le ministère de la Santé publique et le BNGRC » affirme la Cour.
LA2M. La Cour des comptes recommande d’ « optimiser les structures existantes et par ricochet l’optimisation des ressources autant humaines, matérielles que financières ». Notamment, entre autres, concernant la création du laboratoire LA2M qui « a été construit et équipé au lieu de suivre les plans et d’optimiser les laboratoires existants, ce qui est au détriment des autres structures impactant sur les ressources humaines, matérielles et financières » a soutenu la cour. Il convient de « s’assurer du respect des politiques publiques et plans prévus par les textes législatifs et réglementaires en vigueur notamment les plans de contingence et de les mettre à jour régulièrement selon l’évolution du contexte » poursuivent les juges.
MCC. Par ailleurs, la Cour des comptes a dû affronter durant l’audit un problème d’accessibilité des informations nécessaires. Les juges déplorent, en effet, « la réticence de certains responsables à donner suite aux demandes d’audience des juges » et « l’appréhension pour fournir les informations disponibles a été constatée », affirment-ils. « D’importantes informations sont manquantes suite à la non-obtention d’audience auprès de certaines structures principales à la lutte dont le centre de commandement opérationnel/CCO-MID, la communication et porte-parole du gouvernement/MCC (ministère de la Communication et de la Culture), et des responsables et entités à la Présidence, malgré l’annonce solennelle des audits par la lettre officielle de la Cour » lit-on dans le rapport publié par la Cour des comptes.
Rija R.




