
En matière de gestion des entreprises à participation publique, les fonctions de l’Etat actionnaire ne sont qu’imparfaitement assurées. C’est ce que constate notamment le Fonds monétaire international dans un rapport d’assistance technique sur le diagnostic de la gouvernance et des vulnérabilités à la corruption du pays.
Face à cette carence, l’institution de Bretton Woods propose, entre autres solutions, la mise en place, au sein du ministère de l’Economie et des Finances, d’une direction ou d’un service qui représente l’Etat actionnaire.
Carence
Le rapport indique que cette direction doit disposer des capacités techniques requises pour exercer la tutelle financière des entreprises publiques, examiner leurs états financiers et leurs projets d’investissement, et avoir un poids suffisant dans le mécanisme de décision pour faire contrepoids face aux entreprises publiques elles-mêmes et aux phénomènes de capture par les ministères sectoriels. En somme, cette proposition est destinée à pallier la carence dont fait actuellement preuve la Direction générale du Trésor en matière de gestion des entreprises à participation publique. « En pratique, le service chargé de la gestion des participations de l’Etat au sein de la Direction générale du Trésor a des moyens d’action limités et un poids institutionnel faible, surtout par rapport aux entreprises publiques les plus stratégiques comme la JIRAMA ou Madagascar Airlines ».
Initiatives
Il est à noter que la DGT a développé certains outils et supports pour exercer sa supervision des entreprises publiques. « Elle s’est dotée en juin 2022 d’un document-cadre sur la gestion du portefeuille de l’Etat, qui intègre des lignes directrices sur la gouvernance des entreprises publiques et un embryon de stratégie de l’Etat actionnaire. Elle a adopté en mai 2023 un guide de l’administrateur des sociétés anonymes à participation de l’Etat. Elle publie chaque année un rapport consolidé sur les sociétés à participation de l’Etat ; le rapport 2023 (publié en janvier 2025) présente des éléments de synthèse sur la situation des sociétés publiques et de brèves monographies pour une partie de ces sociétés ». Par ailleurs, la transparence des états financiers des entreprises publiques reste insuffisante, ce qui justifie d’autant plus les réformes proposées dans ce rapport.
Rôle important
Surtout quand on sait que les entreprises à participation de l’Etat jouent un rôle important dans l’économie. « On compte au total 23 sociétés à participation majoritaire et 28 sociétés à participation minoritaire, pour une valeur ajoutée totale représentant 3,28 pourcents du PIB en 2023. Les secteurs de l’énergie, des transports et de la finance (assurances, banques et institutions financières) totalisent 71 pourcents du portefeuille de participations, avec, en particulier, l’opérateur public pour l’eau et l’électricité JIRAMA et la compagnie aérienne nationale Madagascar».
R.Edmond.




