Le projet « Créer des frontières plus intelligentes : améliorer les voies de mobilité régulières et sûres, la connectivité et l’intégration en Afrique grâce à la numérisation », mis en œuvre par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et financé par le Japon à hauteur de 3 millions USD, a permis à quatre pays d’Afrique, dont Madagascar, d’assurer une gestion nettement plus efficace de leurs frontières.
Le clap de fin a retenti, hier, 18 septembre 2026, pour le projet « Créer des frontières plus intelligentes », mis en œuvre dans la Grande Île par l’OIM Madagascar. L’heure était au bilan pour ce projet, qui a bénéficié d’un investissement conséquent pendant deux ans afin d’accompagner Madagascar dans l’amélioration de la gestion des frontières.
Numérique
Le projet a permis aux institutions en charge de la gestion des frontières de s’approprier le Système d’information et d’analyse des données sur la migration (MIDAS) et de doter le port de Mahajanga d’équipements modernes, notamment les kits mobiles MIDAS permettant de transmettre les données directement au siège national. Une connectivité numérique qui facilite une prise de décisions rapide et efficace en matière de gestion des frontières.
Ces interventions ont permis d’améliorer la surveillance et le contrôle rapide des flux de personnes et de marchandises, de mettre en place un dispositif intégré de gestion des frontières, et de renforcer la sécurité au nord-ouest du pays. De même, la Brigade canine des Douanes de Nanisana a bénéficié, dans le cadre de ce projet, de nouveaux équipements de détection spécialisés, renforçant sa capacité à lutter contre les stupéfiants, les infractions douanières et les marchandises prohibées aux frontières de Madagascar.
Investissements conséquents
L’inclusion de Madagascar dans ce projet reflète l’importance stratégique de ses frontières et l’ampleur des défis auxquels elles sont confrontées, souligne l’OIM Madagascar. Faut-il rappeler que le littoral nord-ouest du pays, qui s’étend sur plus de 1 950 kilomètres, constitue une vaste frontière maritime où les communautés de pêcheurs artisanaux vivent aux côtés de routes migratoires irrégulières, notamment la route de l’océan Indien occidental vers Mayotte, où plusieurs personnes ont perdu la vie. Une réalité du terrain face à laquelle la mise en place d’une gestion efficace des frontières nécessite des moyens conséquents en termes d’équipements, de systèmes numériques, de capacités humaines, mais également une préparation institutionnelle et une sensibilisation communautaire.
Formations
Le projet a également permis de constituer un vivier national de formateurs certifiés en gouvernance intégrée des frontières et en analyse des données, à travers un programme de formation de formateurs destiné aux agents de gestion des frontières aux principaux points d’entrée de Madagascar. Treize institutions frontalières, sécuritaires et maritimes du pays se sont par ailleurs réunies pour le premier exercice de simulation maritime de Madagascar, à Mahajanga, testant les opérations de recherche et de sauvetage, la réponse en matière de sécurité maritime et la prise en charge humanitaire dans des conditions réalistes.
Simulation et sensibilisation
Afin de s’assurer de l’opérationnalité des systèmes et des capacités humaines en matière de gouvernance des frontières, un exercice de simulation a été mené à Mahajanga en juillet 2026. Treize institutions frontalières, sécuritaires et maritimes de Madagascar se sont réunies pour ce premier exercice de simulation maritime du pays, à Mahajanga. L’exercice a permis de mettre à l’épreuve les opérations de recherche et de sauvetage, la réponse en matière de sécurité maritime et la prise en charge humanitaire dans des conditions réalistes et sous pression opérationnelle. Au terme de l’exercice de simulation, les institutions sont mieux préparées à faire face à des situations réelles.
Au terme d’un exercice aux résultats concluants, le projet a également organisé une campagne de sensibilisation de cinq jours sur cinq sites dans la région Boeny et partagé des informations pratiques de sécurité aux communautés locales. Des connaissances qui resteront ainsi acquises au-delà du projet.
ZLECAf
Outre Madagascar, le projet « Créer des frontières plus intelligentes : améliorer les voies de mobilité régulières et sûres, la connectivité et l’intégration en Afrique grâce à la numérisation » a également été déployé en Éthiopie, au Rwanda et en Côte d’Ivoire. Pour le gouvernement du Japon, qui a fourni le soutien financier pour sa mise en œuvre, ce projet contribue à la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et du Protocole sur la libre circulation des personnes.
Hanitra R.


