Une semaine après le remaniement, Roland Ratsiraka sort de son silence et remet en cause l’évaluation qui a conduit à la mise en place du nouveau gouvernement Ntsay.
« C’est du cinéma ». Le député Roland Ratsiraka n’a pas mâché ses mots en critiquant l’évaluation qui a été effectuée par le président Rajoelina et le Premier ministre Christian Ntsay, il y a deux semaines et qui a conduit à la mise en place du nouveau gouvernement. Selon lui, certains ministres ne méritent plus d’être reconduits si une évaluation correcte avait réellement été effectuée.
Edgard Razafindravahy, ministre de l’Industrie, du Commerce et de la Consommation, est le premier sur la liste de Roland Ratsiraka. En effectuant une descente au Bazary kely, à Toamasina, le député s’est indigné en voyant les prix des produits de première nécessité. « Le président a donné trois jours au ministre, le 10 août 2021, pour trouver des solutions sur la montée des prix des PPN », a-t-il souligné, tout en continuant que « le ministre n’a pas résolu le problème jusqu’à maintenant. Pire encore, les prix ont doublé et les prix du savon ont même connu une hausse de 20%. » Cela constitue un bilan négatif pour le premier responsable qui est le ministre et Roland Ratsiraka doute de la véracité de l’évaluation, après la reconduction d’Edgard Razafindravahy.
« Les autres ministres qui ont fait leur retour et ceux qui ont échoué dans leurs départements et à qui l’on confie un autre, témoigne également de cette mise en scène», continue le député de Madagascar, ancien maire de Toamasina. À part ce constat négatif sur l’évaluation effectuée, entre le 16 et le 19 mars dernier, Roland Ratsiraka a également été indigné de la mauvaise gouvernance.
Mauvaise gouvernance. Sept départements n’ont pas de Directeur général ou sont dirigés par des Directeurs généraux intérimaires. « Ce n’est pas normal pour un pays comme Madagascar et cela témoigne de la mauvaise gouvernance dont les dirigeants font preuve », a indiqué Serge Zafimahova. Des dysfonctionnements dans différents départements sont ainsi à signaler, a-t-il enchaîné en indiquant le cas de la JIRAMA. Une opinion que Roland Ratsiraka partage, il demande aussi aux tenants du pouvoir de passer à la nomination des titulaires.
Nomination. « Les dirigeants sont invités à accélérer les nominations et à mettre les bonnes personnes à la bonne place », lance le député Roland Ratsiraka. Toutefois, le président se trouve dans la difficulté de répondre à cette exigence. « On donne les postes à des amis et à ceux qui ont fait le « tolona » », a-t-il souligné tout en indiquant que « cela ne se fait pas et que Rajoelina n’a pas d’homme et de femme compétents ».
Julien Rakotomalala




