- Publicité -
mardi, septembre 29, 2026
- Publicité -
AccueilSociétéGouvernement : La dignité sociale en chantier

Gouvernement : La dignité sociale en chantier

Dans son Programme de mise en œuvre de la Politique générale de l’État (PMO-PGER), le gouvernement malgache place l’accès aux services essentiels au cœur de sa stratégie de refondation. Eau, électricité, santé, éducation, sécurité alimentaire : autant de secteurs présentés comme les fondations d’une dignité sociale longtemps fragilisée. Mais entre ambition politique et réalités du terrain, le chantier s’annonce immense.

La dignité des citoyens passe d’abord par l’accès effectif aux services de base. C’est ainsi que l’on peut paraphraser les propos de Mamitiana Rajaonarison, Premier ministre de Madagascar, lors de son discours face aux députés à Tsimbazaza, à l’occasion de la présentation de son PMO-PGER, lundi dernier. Ce document insiste, en effet, sur la nécessité de « rétablir rapidement la continuité des services essentiels, notamment dans les zones les plus vulnérables ». Réhabilitation des infrastructures, approvisionnement en intrants médicaux et scolaires, solutions d’urgence pour l’eau et l’énergie : les actions annoncées traduisent une volonté d’apporter une réponse immédiate à des besoins pressants qui continuent de miner la vie des Malgaches actuellement. En effet, dans un pays marqué par des coupures d’électricité récurrentes, un accès inégal à l’eau potable et un système de santé sous pression, ces engagements apparaissent comme un test décisif de la crédibilité de l’État. Pour de nombreux citoyens, et surtout dans le contexte actuel, la présence de l’État ne se mesure plus aux discours, mais à la capacité de faire fonctionner une école, un centre de santé ou un réseau d’approvisionnement en eau.

Test. La mise en œuvre de ces mesures soulève plusieurs interrogations. Le calendrier, ambitieux, prévoit des résultats visibles dans les plus brefs délais. À côté, ces mesures urgentes et essentielles nécessitent des investissements lourds, face à une capacité d’exécution souvent mise à l’épreuve par des contraintes budgétaires et logistiques. Le piétinement de plusieurs projets structurants, qui n’ont finalement vu le jour qu’il y a quelques mois (depuis l’ère de la refondation), en est une parfaite manifestation. Il conviendrait de noter que ces projets ont déjà démontré des résultats tangibles. Par ailleurs, outre les infrastructures, la question relative à la gouvernance mérite également d’être posée. La qualité du service public dépend aussi de la gestion, de la transparence et de la compétence des administrations. Sans réforme en profondeur de ces dimensions, le risque est grand de voir les améliorations rester ponctuelles, sans transformation structurelle. En plaçant les services essentiels au centre de son action, le gouvernement joue une carte stratégique, celle du quotidien des citoyens. Car c’est bien sur ce terrain, tangible et immédiat, que se construira – ou non – la confiance entre l’État et la population. La dignité sociale, désormais érigée en priorité politique, reste ainsi un chantier ouvert, dont les résultats seront scrutés de près.

José Belalahy

- Publicité -
Suivez nous
502,213FansJ'aime
22,466SuiveursSuivre
8,516SuiveursSuivre
2,891AbonnésS'abonner
Articles qui pourraient vous intéresser

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici