
Face à la sécheresse persistante, à l’effondrement des récoltes et à des perspectives climatiques défavorables, l’organisation Action contre la Faim alerte sur une aggravation de la crise alimentaire dans le Sud de Madagascar. Six districts pourraient atteindre le niveau d’urgence de la classification IPC.
La crise alimentaire s’aggrave dans le Grand Sud de Madagascar, du moins selon ACF. En effet, plus de 2,5 millions de personnes seraient confrontées à une insécurité alimentaire aiguë si l’on se fie à un communiqué publié le 15 octobre 2026. Ce chiffre désigne des personnes qui rencontrent de graves difficultés pour accéder à une alimentation suffisante et ne signifie pas que toute cette population est en situation de famine.
Signalement
Cette situation résulte notamment d’une sécheresse sévère et de l’effondrement quasi total de la campagne agricole 2025-2026. Les pertes de récoltes réduisent les disponibilités alimentaires et fragilisent les revenus des ménages ruraux. La période de soudure, qui sépare l’épuisement des réserves des prochaines récoltes, a ainsi commencé plus tôt et pourrait se prolonger. Les projections du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), citées par ACF, signalent un risque de détérioration dans six districts du Grand Sud, susceptibles d’atteindre la phase 4, dite « urgence ». Cette classification indique une situation alimentaire particulièrement grave et ne doit pas être confondue avec la phase 5, correspondant à la catastrophe alimentaire ou à la famine selon les critères IPC.
Exposés
Les conséquences nutritionnelles sont également préoccupantes. L’organisation estime que plus de 500 000 enfants de moins de cinq ans pourraient souffrir de malnutrition aiguë d’ici avril 2027. Il conviendrait toutefois de préciser qu’il s’agit d’une projection, et non d’un décompte d’enfants déjà diagnostiqués. Aussi, la malnutrition aiguë est un problème de santé lié notamment à une alimentation insuffisante ou inadéquate ; elle se distingue de l’insécurité alimentaire, qui concerne l’accès à la nourriture. La situation pourrait s’aggraver avec le phénomène El Niño. Des mesures plus offensives, efficientes et cohérentes sont attendues afin de limiter les dégâts humains causés par l’insécurité alimentaire. L’enjeu est désormais d’intervenir avant une nouvelle dégradation.
José Belalahy





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