
Plus d’un enfant sur dix présente un handicap à Madagascar. Derrière ce chiffre se cachent des difficultés d’accès à l’école, aux soins et à la protection sociale, mais aussi une exposition accrue aux violences. Pourtant, le handicap reste largement en périphérie du débat public. Des études de l’UNICEF permettent de mesurer une partie de cette réalité longtemps peu documentée.
Des inégalités qui commencent dès l’enfance. C’est ce que révèlent les résultats de l’enquête portant sur l’« Analyse de situation des enfants handicapés à Madagascar », initiée par l’UNICEF et publiée en janvier 2023. Menée dans douze localités, dont six communes urbaines et rurales du pays, l’étude met en évidence des privations dans l’éducation, la santé, la nutrition, l’eau, l’assainissement et l’hygiène, mais également dans la protection sociale et la protection de l’enfant. Notamment, chez les enfants en situation de handicap. Ce qu’une autre analyse réalisée, de concert par, l’INSTAT et l’Oxford Policy Management a confirmé selon laquelle plus d’un enfant malgache sur dix présente un handicap. Ainsi, les problèmes psychologiques, notamment la dépression et l’anxiété, toucheraient 5,1% des enfants de 5 à 17 ans. Les handicaps cognitifs concerneraient quant à eux entre 4,4% et 4,7% des enfants.
Cumul
Les inégalités augmentent avec la sévérité du handicap. Dans l’éducation, les écarts de fréquentation tendent notamment à s’accentuer lorsque les enfants avancent dans leur cursus. Manque d’établissements accessibles, insuffisance de matériels adaptés et d’enseignants formés figurent parmi les obstacles identifiés. La vulnérabilité dépasse l’école. Les enfants handicapés sont également défavorisés sur plusieurs indicateurs sanitaires et davantage exposés aux violences. L’analyse souligne notamment une vulnérabilité particulière des filles présentant certains handicaps cognitifs face aux violences sexuelles. Le problème n’est donc pas seulement médical. Il est aussi social, économique et institutionnel. En 2026, soit trois ans après la publication de cette analyse, l’on se pose la question : dans quelle mesure ces constats ont-ils effectivement modifié les écoles, les centres de santé, les transports, la protection sociale et les politiques publiques ?
José Belalahy




