
L’ancien Président du Sénat Herimanana Razafimahefa sort de son silence.
« Le développement est basé sur la réforme structurelle en commençant par le changement à la base. Nous maintenons notre vision établie il y a 15 ans lors de la création de notre parti politique « Fanarenana ». Il s’agit de la réforme du système de production et de la restauration de la gouvernance, ainsi que du changement de mentalité, en respectant la cohésion sociale et la solidarité entre les citoyens tout en préservant l’environnement afin de prôner l’indépendance économique de Madagascar. Le développement rural et l’amélioration du niveau de vie des paysans qui représentent 80% de la population malgache s’imposent ainsi », a déclaré l’ancien Président du Sénat Herimanana Razafimahefa, par ailleurs président fondateur du parti « Fanarenana », lors d’un congrès national marquant la célébration du 15e anniversaire de sa formation, samedi dernier, dans la commune rurale de Fihaonana, district d’Ankazobe.
Déterminé. « Ma destitution à la tête du Sénat et mon éviction de mon siège de sénateur, dues à une divergence d’opinions il y a deux ans, ont été une dure épreuve dans ma vie alors que j’avais été élu par les grands électeurs avec un score de 63%. Cependant, je ne réduirai pas au silence la voix de ma conscience. Je reste déterminé à contribuer au développement durable de Madagascar », a-t-il confié. Sa priorité consiste ainsi à soutenir les paysans pour améliorer leur production agricole, promouvoir la transformation agroalimentaire en créant de la valeur ajoutée et rechercher des débouchés. Il a cité, entre autres, la production de taro qui fait la renommée de la commune de Fihaonana et qui s’exporte déjà vers les Comores et Mayotte. « Le kilo de ce produit s’achète à 4 000 Ar alors que les Chinois le transforment en petit gâteau vendu à 4 000 Ar la pièce. Fihaonana est également un grand producteur de tomates, de haricots et d’ananas, mais les pertes post-récoltes enregistrées chaque année sont énormes faute de preneurs. Tout cela nécessite une réforme du système de production », a expliqué Herimanana Razafimahefa, le président du parti « Fanarenana ».
Piliers de l’économie. Le PDG du groupe STOI, Tovonanahary Rabetsitonta, soutient cette vision du parti « Fanarenana ». « Les paysans sont souvent délaissés ou utilisés comme des instruments politiques pour obtenir des postes alors qu’ils sont les piliers de l’économie. La plupart d’entre eux sont en grande difficulté en raison de la chute du prix du riz à 600 Ar/kapoaka. Nous interpellons ainsi l’État à supprimer les importations de riz, qui ont atteint 850 000 tonnes, afin de soutenir les producteurs locaux. L’achat de la production locale à des prix incitatifs est déjà une bonne chose, mais cela ne profite encore qu’à une minorité », a-t-il évoqué. Cet opérateur économique réitère également que l’accès des paysans à des semences de qualité et à des engrais à prix abordable permet d’améliorer leur production, et partant, leurs revenus. « C’est pourquoi nous avons promu le riz hybride, qui est une technologie agricole appliquée par les grands pays producteurs tels que la Thaïlande et l’Inde, auprès desquels Madagascar importe du riz. Cependant, on empêche sa vulgarisation chez nous. Il faut également faciliter l’acquisition des engins et machines agricoles pour exploiter nos terres arables si l’on veut atteindre la souveraineté alimentaire », a-t-il enchaîné.
Affaire de tous. De leur côté, des maires, des membres du conseil municipal et des entrepreneurs ruraux dans le district d’Ankazobe, ayant participé à ce congrès national du parti « Fanarenana », ont exprimé leurs doléances à cette occasion. Outre la chute des prix des produits agricoles, ils ont évoqué la corruption, l’insécurité, le problème d’accès aux soins de santé, la délinquance juvénile, le problème d’accès aux intrants et le manque de formation agricole. Quant à M. Rakotofiringa, ce notable de la région a exprimé qu’il faut changer la pratique politique à Madagascar en privilégiant l’intérêt général de la nation plutôt que l’accaparement des richesses nationales par une minorité. Enfin, le Président Herimanana Razafimahefa a conclu en appelant à l’unité : Le parti “Fanarenana » sollicite tous les citoyens, quelles que soient leurs convictions politiques. En effet, le redressement du pays est l’affaire de tous ! Le processus de concertation nationale et les élections constituent des étapes indispensables pour y parvenir. »
Navalona R.




