
Le 14 octobre est dans quelques jours. Une date qui est presque oubliée par la mémoire collective, pourtant, elle est charnière dans l’histoire de la marche vers l’indépendance de Madagascar. 14 octobre 1958 est la déclaration de la Première République malgache. Un grand pas pour la Nation malgré les critiques émises par les nationalistes de l’époque. Donc, comme toutes les années précédentes, il est de notre devoir de rappeler les itinéraires que Madagascar a traversé pendant les 64 années de colonisation.
La lutte anticoloniale a fait couler beaucoup d’encre. Des versions différentes ont été publiées dans des livres ou dans des documentaires concernant les mouvements indépendantistes. Bien que les étapes soient marquées dans les manuels scolaires, bon nombre de citoyens n’arrivent pas à déterminer les découpages chronologiques de l’histoire de leur nation et surtout en ce qui concerne les protestations contre l’administration coloniale.
Les résistances violentes. La fin du XIXe siècle est la période où la conquête et l’installation coloniale marquent la vie de bon nombre de pays d’Afrique en général, et de Madagascar en particulier. Annexée par la France le 6 août 1896, la Grande île subit une pacification de Joseph Simon Gallieni jusqu’en 1905. Dès l’installation du pouvoir colonial, des luttes y sont menées par les patriotes. Sans parler des Menalamba sur les hautes terres centrales, la résistance se propage dans toute l’île. Durant 64 ans de colonisation, des luttes se succèdent et évoluent en fonction de la conjoncture politique. Dans les années 20 et 30, elles prennent une autre dimension avec les élites. Si au début de la colonisation, les Malgaches prennent des armes et massacrent les étrangers, les élites utilisent un autre moyen plus pacifique pour aboutir à leurs objectifs. La contestation revêt de nombreuses formes. Chaque région a sa manière de lutter. De VVS à Jean Ralaimongo et ses compagnons, en passant par le MDRM, la revendication change de visage.
Le monde après le second conflit mondial. Après la seconde guerre mondiale, la France est exsangue et affaiblie. Avec la pression de l’ONU, les pays colonisateurs changent leur politique envers leurs colonies. Ainsi, la Métropole accorde à ces derniers une sorte d’autonomie. Conscient de la situation géopolitique et la faiblesse des colonisateurs, les nationalistes accélèrent l’émancipation pour obtenir l’indépendance. L’après-guerre marque un tournant pour les puissances coloniales. L’Indochine française donne un exemple, et prouve qu’il est possible de vaincre l’impérialisme. Alors, le reste des territoires d’Outre Mer ont tiré une leçon à partir de la guerre d’Indochine (1947-1954), qui s’est terminée par la capitulation française à Dien Bien Phu. De leurs côtés, les deux grands anticoloniaux, les Etats-Unis et l’Union Soviétique condamnent les puissances coloniales. La pression est palpable ! Pour Madagascar, la période d’après-guerre est une occasion pour les nationalistes d’activer leurs luttes. Cela est prouvé par les campagnes des élections (1945-1947).
La deuxième moitié des années 1950. La loi cadre de 1956 est une occasion pour les nationalistes de participer à la vie politique du pays. En effet, la loi Defferre attribue une liberté, la population doit prendre en main son destin, en élisant leur propre maire et leurs conseillers municipaux. Il a fallu attendre quatre ans pour que Madagascar accède à nouveau à l’indépendance.
Iss Heridiny


