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dimanche, octobre 4, 2026
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Hugues Rajaonson : « La fiscalité ne doit pas fragiliser les PME-PMI »

Une fiscalité qui fragilise les petites et moyennes entreprises et industries (PME-PMI) finit par fragiliser l’activité économique, l’emploi et, au bout de la chaîne, les populations. Habitué des analyses sur les sujets qui touchent l’économie du pays, l’économiste Hugues Rajaonson estime que, dans un pays comme Madagascar, où la création de richesses repose largement sur un tissu entrepreneurial encore fragile, la politique fiscale ne peut être considérée comme une simple question de recettes budgétaires.

« Elle constitue également un levier déterminant de développement économique », soutient l’économiste, en expliquant que le rôle de l’État est avant tout de créer les conditions permettant à ceux qui produisent, investissent, innovent et entreprennent de le faire dans un environnement stable et prévisible.

Effet paradoxal

Pour lui, l’essentiel n’est pas de taxer davantage les entreprises, mais de savoir comment construire un système fiscal qui permette à la fois à l’État de disposer des ressources nécessaires à ses missions et aux entreprises de conserver suffisamment de capacités pour investir, innover et grandir. Une manière, pour Hugues Rajaonson, de soutenir qu’une pression fiscale excessive peut produire un effet paradoxal. « En cherchant à augmenter les recettes à court terme, l’État peut contribuer à réduire, à moyen et long terme, la capacité des entreprises à investir. Pour une PME ou une PMI, chaque prélèvement supplémentaire peut représenter une diminution de la trésorerie disponible pour acheter une machine, moderniser un atelier, recruter un salarié, former le personnel ou développer un nouveau marché ». L’effet est particulièrement sensible pour les petites entreprises, qui disposent généralement de marges financières limitées et d’un accès au crédit plus difficile. Hugues Rajaonson rejoint ainsi les analystes qui soutiennent que lorsqu’une entreprise est fragilisée par une pression fiscale excessive, elle investit moins, elle produit moins, innove moins et recrute moins. Un phénomène qui provoque le ralentissement des créations d’emplois, lequel entraîne la baisse des revenus des ménages, avec ce que cela suppose d’impacts négatifs sur la consommation.

Cercle vicieux

Ainsi, à l’échelle du pays, l’affaiblissement du secteur privé, par la surtaxation, peut contribuer à alimenter un cercle vicieux : moins d’investissement, moins d’emplois, moins de revenus, moins de consommation et, finalement, moins de dynamisme économique. Les conséquences sont à la fois économiques et sociales. En effet, la progression du chômage, l’augmentation de la pauvreté et la multiplication des formes d’insécurité économique et sociale peuvent être, en partie, les conséquences de l’affaiblissement durable du tissu productif. Pour éviter ces effets dommageables, Hugues Rajaonson suggère que « la politique fiscale doit être pensée dans une perspective beaucoup plus large que celle de la seule mobilisation des recettes publiques ».

Hugues Rajaonson estime, par ailleurs, que le développement agricole constitue un autre enjeu majeur de la relance économique. Malheureusement, dans le contexte actuel, l’agriculture ne bénéficie pas encore du soutien qu’elle mérite. En effet, à Madagascar, de nombreux agriculteurs travaillent encore de manière isolée, avec des moyens limités, un accès insuffisant au financement, aux équipements, aux technologies et aux marchés. Ce qui fait que leurs activités leur permettent difficilement de dégager des bénéfices suffisants pour investir et changer d’échelle.

Politique publique stable

L’agriculteur reste ainsi prisonnier d’une logique de subsistance : il produit pour vivre, mais ne dispose pas toujours des moyens nécessaires pour transformer durablement sa production en véritable activité économique créatrice de valeur. Cette évolution ne peut cependant pas être laissée à la seule initiative des agriculteurs. « Elle nécessite une politique publique stable et un environnement réellement incitatif ». L’accompagnement doit porter sur l’accès au financement, la mécanisation, la formation, les infrastructures, la technologie, l’organisation collective et l’accès aux marchés. L’objectif devrait être de permettre progressivement au monde agricole de passer d’une logique de subsistance à une logique d’entreprise et d’industrie, sans pour autant nier les réalités sociales et économiques du secteur. « Des agriculteurs mieux organisés, mieux équipés et intégrés à des chaînes de valeur peuvent produire davantage, créer des emplois et générer des revenus plus importants dans les territoires ».

R.Edmond

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