
Une publication de plus sur la lutte contre la pauvreté. L’Institut d’Études Politiques (IEP AG) a annoncé hier la sortie d’une étude nationale qui met en lumière les mécanismes qui enferment les ménages dans la vulnérabilité et les politiques publiques structurelles capables de renforcer leur résilience.
16 500 ménages
Réalisée dans le cadre du programme international DEEP (Data and Evidence to End Extreme Poverty), l’étude intitulée « Pauvreté au milieu des crises multiples à Madagascar » a été conduite par un consortium associant l’IEP AG, l’Institute of Development Studies, The Development Hub et Oxford Policy Management. Et ce, avec l’appui financier du Foreign, Commonwealth & Development Office (FCDO) du Royaume-Uni. S’appuyant sur l’analyse de près de 16 500 ménages, complétée par des enquêtes qualitatives approfondies, des récits de vie, des groupes de discussion et des investigations de terrain menées dans plusieurs régions du pays, la recherche montre notamment que la pauvreté à Madagascar ne résulte pas uniquement d’un manque de revenus. Elle est alimentée par l’accumulation de crises économiques, climatiques, sociales et institutionnelles qui fragilisent progressivement les capacités des ménages à se relever.
900 milliards ariary
Selon Davida Rajaon, président de l’IEP AG, cette étude est appelée à jouer un rôle important dans les stratégies de lutte contre la pauvreté. D’ailleurs, la recherche est calée sur la politique générale de l’État actuelle. Les travaux révèlent notamment que de nombreux ménages vivent dans une situation de crise permanente, où chaque nouveau choc dû à la sécheresse, aux intempéries, à l’inflation, aux maladies, aux pertes d’emploi ou aux conflits fonciers efface les efforts réalisés pour reconstruire leurs moyens de subsistance. Cette succession de crises crée de véritables pièges à pauvreté qui limitent fortement les possibilités de mobilité économique. Pas moins de 900 milliards ariary, dont 350 milliards de ressources internes, 200 milliards ariary de mobilisation domestique et 350 milliards de financements internationaux, sont nécessaires pour mener cette lutte contre la pauvreté, sur les deux ans prévus pour la transition de refondation. Notons que le Premier ministre, Mamitiana Rajaonarison, un ancien de l’IEP AG, a assisté hier à la cérémonie de restitution des résultats de l’étude, qui s’est déroulée dans les locaux de l’Institut, à Ampandrana.
R.Edmond.




